Lors de ce cru 2026 du salon berlinois, nous n'avons pas découvert d'innovation de rupture. Mais nous avons pu constater que la plupart des tendances identifiées l'année dernière se confirmaient, qu'il s'agisse du remodelage du marché (la montée en puissance des marques chinoises) ou du développement des appareils.
IFA 2026 : dans le GEM, les tendances de fond se confirment et s’accélèrent
L'IFA 2026 confirme la percée des marques chinoises sur le marché européen du gros électroménager ; elle tend même à s'accélérer. Au niveau des produits, les technologies exploitant l'intelligence artificielle poursuivent leur déploiement, pour faciliter l'usage et optimiser les économies d'énergie. Quant à la grande capacité, elle continue aussi à se développer, que ce soit dans le froid ou le lavage, un univers dans lequel les tambours multiples ont la cote. Même constat concernant la tendance du design noir mat qui perdure, à vocation esthétique mais aussi pratique dans le cas des tables de cuisson.
Les acteurs chinois en plein essor
La montée en puissance des acteurs chinois que nous évoquions l’année dernière se confirme indéniablement. Ils se disputent d’ailleurs la meilleure visibilité sur le parvis de Messe Berlin, où les podiums et bannières géantes de Haier côtoient celles de Midea, Hisense, Dreame ou encore Xiaomi qui participait pour la première fois au salon. Précisons que la plupart d’entre eux sponsorisent aussi des équipes ou des événements sportifs, ce qu’ils mettent largement en évidence (alors que Haier sponsorise notamment le PSG et Roland-Garros, Midea s’affiche sur le maillot des footballers du FC Barcelone, Dreame s’offre Cristiano Ronaldo comme ambassadeur…). La stratégie de diversification qui se profilait l’année dernière est confirmée chez certains de ces fabricants chinois comme Dreame ou Xiaomi, qui démontraient à la fois du PEM et du GEM sur leurs stands respectifs.
Quant aux industriels européens, ce sont principalement les plus représentés en Allemagne comme le groupe BSH, Electrolux/AEG, Miele ou encore Liebherr qui exposaient à Berlin. D’autres manquaient à l’appel, comme le groupe Beko, déjà absent l’année dernière. Une autre absence a été très remarquée : celle du coréen Samsung, qui s’est retiré pour organiser son propre événement Samsung Connect dans Berlin, en marge du salon.
Des appareils intelligents dopés à l’IA
Sans surprise, l’intégration de technologies intelligentes s’appuyant le plus souvent sur l’IA se généralise. Elles sont utilisées pour faciliter le quotidien des consommateurs, rendre les appareils plus intuitifs, améliorer les performances et réduire autant que possible la consommation d’énergie. Pour commencer, les assistants IA, qui sont devenus monnaie courante, servent à conseiller des recettes de cuisine selon les aliments qu’on a à disposition, recommander les meilleurs accords mets en vins en tenant compte des bouteilles qu’on possède en stock, suggèrent comment laver son linge pour ne pas l’abîmer…
Mais ça n’est pas tout. L’IA œuvre aussi au sein même des appareils, en lien avec des caméras ou capteurs. Par exemple, elle est de plus en plus exploitée dans l’univers de la cuisson, avec des fours qui reconnaissent les aliments à l’aide de caméras pour recommander les paramètres de cuisson adéquats. On croise le même type de procédé dans le domaine du froid (Samsung, Hisense, Haier…) pour la reconnaissance automatique d’aliments via des caméras embarquées servant à la gestion des stocks (sur son futur Maestro dévoilé à Berlin, Haier en positionne même une dans le congélateur). L'IA sert aussi à réduire la consommation énergétique de certains réfrigérateurs grâce à l’apprentissage des habitudes du foyer (la production de froid y est adaptée). Cela se généralise également sur le marché du lavage, que ce soit intégré aux lave-vaisselle ou aux lave-linge (Hisense, Samsung, Miele, Haier…). L’objectif est d’ajuster les paramètres (programme, durée de cycle, quantité d’eau, éventuellement dosage du détergent) automatiquement, au plus près des besoins. Les lave-linge, par exemple, sont de plus en plus nombreux à savoir reconnaître le type de textile en plus de la quantité de linge et de son état de saleté (grâce à ces solutions, Samsung annonce ainsi un modèle d’une capacité de 10 kg pouvant atteindre jusqu’à A -70%).
Des services semblables tendent à se développer sur les lave-vaisselle. Miele prévoit même de placer une caméra dans l’enceinte de son nouveau modèle phare, qui est ainsi capable de reconnaître les matières, dont le plastique, pour en assurer le meilleur séchage possible.
En lien avec la connectivité et l’IA, citons aussi la commande vocale, démontrée par plusieurs marques (Liebherr, Hisense, Samsung…), qui se veut en outre plus naturelle. Cela sert par exemple à ouvrir la porte du réfrigérateur sans les mains, quand on a les bras chargés.
Démocratisation des tables de cuisson noires mates anti-traces
Initiées par Electrolux avec sa gamme SaphirMatt, les tables de cuisson noires mates promettant de limiter la prolifération des traces de doigts sont désormais monnaie courante. La plupart des fabricants commercialisant des appareils dans cette catégorie proposent maintenant de telles déclinaisons – classiques ou avec une hotte intégrée. Mieux : les constructeurs les démocratisent. Cela passe par différents formats, jusqu’au 60 cm de large chez certains, ce qui rend ces technologies plus abordables et facilite aussi l’installation en remplacement d’une table de dimensions standard.
Autre voie de démocratisation : certaines marques ont choisi de proposer une montée en gamme liée à différents niveaux de résistance, depuis les verres à la simple esthétique mate, moins sensibles aux traces de doigts, jusqu'aux modèles anti-rayures ultra résistants (c’est le cas d’Electrolux par exemple mais aussi Hisense et d’autres encore).
En marge des tables à induction, le design noir mat a toujours le vent en poupe, se déclinant sur les autres équipements qui sont ainsi assortis (fours, réfrigérateurs…). On découvre notamment une étonnante proposition de four à la façade totalement mate sans sérigraphie apparente chez Hisense (Série Hi7). Bel effet aussi que la finition Aura en verre gris anthracite mat sur les fours Haier.
Froid : grande capacité et agrandissement des formats en encastrable
Dans l’univers du froid pose libre, la tendance au développement des grandes capacités n’est pas nouvelle mais on peut souligner qu’elle se poursuit, les multiportes et french door se faisant très répandus, de même que les combinés de grande largeur (70 ou 75 cm de large).
Mais de plus en plus, ce sont aussi les modèles intégrables qui « poussent les parois » afin d’offrir des volumes intérieurs plus généreux. Cela se traduit parfois par l’élargissement des appareils mais également par des modèles plus hauts dont la largeur demeure standard.
Autre tendance notable : la généralisation des zones convertibles (compartiment congélateur transformable en réfrigérateur), en particulier sur les grands appareils comme les multiportes. Enfin, la majorité des fabricants proposant des équipements de froid continuent à travailler pour améliorer la conservation des aliments, que ce soit à travers des tiroirs permettant la gestion spécifique de la température et de l’humidité (de très nombreuses marques ont emboîté le pas à Liebherr, précurseur avec son système BioFresh), la mise sous vide des aliments directement dans un compartiment (ce que propose par exemple Hisense) ou des technologies plus spécifiques (comme Nutribank, que Haier est actuellement en train de déployer à travers sa gamme Horizon).
Lavage : grande capacité et lave-linge à tambours multiples
Dans le domaine des lave-linge aussi, la tendance est à la grande capacité. Cela se traduit d’une part par de grands appareils équipés d’un tambour à la capacité très généreuse (jusqu’à une vingtaine de kg), d’autre part par des modèles qui conservent un format standard mais voient leur capacité augmenter. Miele, par exemple, propose désormais un lave-linge pouvant accueillir 11 kg de linge malgré son format standard et Samsung fait même encore grimper la mise avec 13 kg.
Certains fabricants continuent également à proposer des tours de lavage (Hisense, LG, Haier…). On voit aussi se développer les modèles à tambours multiples, qui se déclinent cette année sous de diverses formes. Certains adoptent en effet le format d’un appareil classique, qui renferme un tambour principal et plusieurs petits. D’autres se présentent sous l’apparence d’appareils miniaturisés à un ou deux hublots, que l’on pose sur une étagère dans la buanderie ou que l’on superpose au-dessus d’un lave-linge. Cela nous semble intéressant à plus d’un titre, puisque cela permet de faire évoluer un équipement existant en ajoutant de petits tambours (pour laver de la lingerie, du linge de sport, des chaussures, des tissus délicats en petite quantité…). Nous avons vu de tels équipements sur les stands de Haier, Candy, Hisense ou encore Xiaomi, même si ce dernier ne prévoit pas de le commercialiser en France pour l’instant.


