Le 9 juin 2026, à l’occasion d’une cérémonie marquant le départ de son président emblématique Didier Baumgarten, la Confédération Nationale de l'Équipement du Foyer (CNEF) a officiellement intronisé Katia Euzen. Issue du monde de l’électroménager et première femme à occuper cette fonction, sa nomination symbolise à la fois l’évolution de la gouvernance du secteur et l’aboutissement d’un long processus de consolidation. Elle ouvre surtout un nouveau chapitre pour une organisation qui n’a jamais été aussi structurée et représentative.
CNEF : meuble, cuisine et électroménager unis dans une nouvelle ambition collective
À l’occasion du départ de Didier Baumgarten après 25 années de présidence, la Confédération Nationale de l'Équipement du Foyer (CNEF) a officiellement confié ses rênes à Katia Euzen. Première femme à accéder à cette fonction, elle prend la tête d’une organisation profondément transformée, fruit du rapprochement entre les univers du meuble, de la cuisine et de l’électroménager, désormais incontournable dans le paysage du négoce d’équipement du foyer.
Une passation de pouvoir hautement symbolique
Après 25 ans de présidence, Didier Baumgarten a passé le flambeau à Katia Euzen, une figure bien connue de l’univers de l’électroménager. Ce choix est loin d’être anodin. Pour la première fois de son histoire, la confédération est dirigée par une femme, un signal fort d’ouverture et de modernisation pour une profession confrontée à de profondes mutations. Au-delà de cette dimension symbolique, cette nomination incarne également la réussite d’un projet stratégique porté de longue date par Didier Baumgarten : rapprocher durablement les univers du meuble, de la cuisine et de l’électroménager au sein d’une même organisation représentative.
« Mon rêve, il y a 25 ans, était déjà à l’époque de fusionner l'électroménager avec le meuble », a rappelé l’ancien président lors de son discours de transmission. Ce qui paraissait prématuré à l’époque est désormais devenu une réalité structurante pour le secteur.
Une puissance consolidée au fil des années
Sous l’impulsion de Didier Baumgarten, l’organisation, alors connue sous le nom de FNAEM, s’est profondément transformée. D’une fédération historiquement organisée autour de chambres syndicales départementales et parfois perçue comme fragmentée, elle est devenue une confédération nationale capable de porter une voix forte auprès des pouvoirs publics et des acteurs économiques.
La modernisation de sa gouvernance, avec l’évolution des statuts et l’instauration d’une limite d’âge pour ses dirigeants, a constitué une étape décisive de cette transformation. L’intégration progressive des grandes enseignes nationales a également permis d’élargir sa représentativité et de renforcer son poids institutionnel.
L’union avec les cuisinistes puis l’aboutissement du rapprochement avec le pôle électroménager ont marqué une nouvelle phase de développement. La CNEF représente aujourd’hui 45 entreprises nationales, 70 enseignes et 7 500 magasins, soit près de 133 000 salariés. Un périmètre qui lui confère une légitimité renforcée sur les grands dossiers touchant à la distribution et au commerce spécialisé. « L’union fait la force », a d’ailleurs rappelé Didier Baumgarten, saluant la construction progressive d’un écosystème plus cohérent et plus robuste.
Une présidente face à un environnement plus complexe
Si Katia Euzen prend la tête d’une organisation solide, elle hérite également d’un contexte économique particulièrement exigeant. Lors de sa première prise de parole en tant que présidente, elle a décrit un environnement « de plus en plus hostile » pour les entreprises du secteur.
Inflation réglementaire, hausse des coûts de l’énergie, pression immobilière, fiscalité croissante ou encore fragilisation de certains acteurs figurent parmi les principaux défis identifiés. Des sujets qui concernent directement les adhérents de la confédération et qui devraient structurer son action au cours des prochaines années. « Je mesure pleinement la responsabilité qui m'incombe », a déclaré Katia Euzen, affirmant sa volonté de s’appuyer « sur les fondations solides » laissées par son prédécesseur.
Sa feuille de route pour la période 2026-2030 est déjà définie. Elle vise notamment à renforcer l’influence de la CNEF, à défendre activement les intérêts de ses adhérents et à accompagner les grandes transformations du marché. Les travaux menés au sein des commissions consacrées à la RSE, aux affaires sociales et aux affaires publiques devraient jouer un rôle central dans cette stratégie.
Afin de porter encore plus fortement la voix de ses adhérents dans un contexte économique et politique marqué par des transformations rapides, la CNEF a engagé une nouvelle étape de son développement. Réunies en assemblée générale le 9 juin à la Maison de l’Amérique latine, les entreprises à enseignes nationales et les organisations professionnelles adhérentes ont renouvelé les instances dirigeantes de l’organisation.
Le nouveau conseil d’administration est composé de représentants de quinze enseignes nationales : Boulanger, But, Conforama, Group Digital, FBD, Fnac Darty, Fournier Groupe, Gitem, Ikea, Pulsat, Roche Bobois, Sagam-Géant du Meuble, Schmidt Groupe, UCEM et Ubaldi ainsi que de trois organisations professionnelles : le CRAEM Provence, le CRAEM Sud-Ouest et le Syndicat national des indépendants de l’équipement de la maison (SIEM).
Pour mettre en œuvre la feuille de route stratégique 2026-2030, la nouvelle présidente s’est entourée d’un comité de direction de membres représentatifs des différentes familles d’adhérents :
* Vice-président en charge des entreprises à enseignes nationales : Éric Amourdedieu (Roche Bobois)
* Vice-président en charge des organisations professionnelles et délégations territoriales : Gérard Tugas (SIEM)
* Vice-président en charge du groupement cuisines : Christian Mennrath (Schmidt Groupe)
* Vice-président en charge des affaires publiques : Charles Vielvoye (Boulanger)
* Vice-présidente en charge des dossiers européens : Anne-Laure Jacquemart (Ikea)
* Vice-président en charge de la literie : Patrick Prigent (CRAEM Sud-Ouest)
* Administrateur indépendant : Pierre Perron
Cette gouvernance renouvelée doit permettre à la CNEF de renforcer encore sa capacité de représentation et d’accompagnement des entreprises du secteur face aux mutations économiques, réglementaires et sociétales à venir.
Convertir la puissance collective en actions concrètes
Au-delà de la transition de gouvernance, la séquence actuelle marque une nouvelle étape dans la maturité de la CNEF. Après avoir construit son unité, l’organisation doit désormais démontrer sa capacité à transformer cette force collective en résultats concrets pour ses adhérents. « La force de la CNEF réside dans sa capacité à rassembler durablement des entreprises aux modèles économiques différents, mais unies par des enjeux communs et des valeurs partagées », a rappelé Katia Euzen.
La nouvelle présidente devra ainsi poursuivre le travail de représentation engagé depuis plusieurs années tout en cultivant l’esprit de dialogue et de coopération qui a permis à la confédération de grandir. L’enjeu sera désormais de convertir cette puissance collective en actions concrètes capables de renforcer la résilience, la compétitivité et l’attractivité du commerce de l'équipement du foyer.


