le 22 juin 2026
, par Eric Shorjianhttps://www.linkedin.com/company/neomag/
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Signal révélateur d’un marché en pleine structuration, l’organisation de VivaTech avait renforcé la visibilité du sujet en associant la thématique « longevity » à celle de la healthtech parmi les grands axes mis en avant cette année.
77 millions d’utilisateurs mensuels sur Samsung Health
Samsung a profité du salon pour détailler sa stratégie autour du bien-être connecté. Le groupe coréen entend capitaliser sur la puissance de son écosystème, qui rassemble déjà 77 millions d’utilisateurs mensuels de Samsung Health et 460 millions d’utilisateurs connectés via SmartThings.
L’ambition est claire : faire de sa plate-forme un point central du suivi également de la santé et du bien-être. Pour y parvenir, le groupe coréen multiplie les collaborations avec des spécialistes de la santé numérique.
Generation Lab travaille ainsi sur l’évaluation de l’âge biologique à domicile, tandis que SiPhox développe des solutions d’analyses sanguines déportées. Xealth, de son côté, cherche à créer des passerelles entre les parcours de soins traditionnels et les usages quotidiens des objets connectés.
Sur Vivatech, Samsung a également présenté d’autres partenariats autour de la longévité, notamment avec Lansik dans le suivi prédictif de la glycémie et Becon dans l’analyse assistée par IA de la peau et du cuir chevelu.
Au-delà des démonstrations technologiques, le message est surtout industriel : les géants de l’électronique cherchent désormais à fédérer des services de santé autour de plateformes déjà présentes dans des millions de foyers.
Alors que la plupart des balances connectées utilisent une technologie de bio-impédancemétrie à 2 fréquences pour estimer la composition corporelle, BodyScan 2 s'appuie sur un système propriétaire de spectroscopie par bio-impédance à 13 fréquences. Cette technologie permet d'obtenir des mesures indépendantes de la masse grasse et de la masse musculaire pour chacun des six segments du corps : bras droit, bras gauche, tronc, jambe droite, jambe gauche et région centrale.
Le résultat : une analyse détaillée par zone, avec un niveau de précision jusqu'ici réservé aux centres spécialisés en sciences du sport et aux établissements de recherche clinique.
Quand la santé prédictive sort du cabinet médical
Autre enseignement majeur du salon : la multiplication des solutions visant à anticiper les risques plutôt qu’à traiter les maladies. Withings illustre parfaitement cette évolution avec BodyScan 2. Dévoilée au mois de janvier lors du CES à Las Vegas et disponible depuis juin en Europe, cette station de santé connectée agrège plusieurs indicateurs habituellement dispersés entre différents appareils. Analyse corporelle segmentaire, électrocardiogramme à six dérivations, suivi cardiovasculaire ou détection de certains facteurs de risque : l’équipement rapproche des outils autrefois réservés à l’environnement clinique du domicile des consommateurs.
La tendance se retrouve également dans les services. Google, accélère sa stratégie santé en fusionnant Fitbit et Google Health au sein d’une plateforme unique pilotée par l’intelligence artificielle. Son nouvel assistant Google Health Coach ambitionne de transformer les données collectées en recommandations individualisées de bien-être. Selon la société d'étude Global Market Insights (rapport Health Check-up Market Size & Share, Growth Trends 2035, mars 2026), rtien que le segment mondial des bilans de santé préventifs représentait 9,2 milliards de dollars en 2025 et devrait atteindre 18,2 milliards de dollars à l'horizon 2035.
La société Ovomind a développé une technologie d’intelligence artificielle capable d’analyser en temps réel des données physiologiques issues de montres connectées (fréquence cardiaque, température corporelle, réponse galvanique). Ces signaux sont traités dans le Cloud pour identifier l’état émotionnel de l’utilisateur avec une latence inférieure à 300 millisecondes. Ovomind revendique une précision de détection émotionnelle supérieure à 81 %. L’ambition est de permettre aux entreprises et développeurs de concevoir des produits, services et interfaces capables de s’adapter automatiquement aux émotions des utilisateurs, ouvrant la voie à des expériences plus personnalisées et immersives.
L’intelligence émotionnelle arrive sur les objets connectés
À côté des indicateurs physiologiques classiques, une nouvelle catégorie de données commence à émerger : les données émotionnelles.
La start-up suisse Ovomind a profité de VivaTech pour annoncer la compatibilité de sa plateforme avec les Galaxy Watch de Samsung et les Pixel Watch de Google. Sa technologie analyse en temps réel différents signaux biologiques fréquence cardiaque, température corporelle ou activité électrodermale afin d’évaluer l’état émotionnel des utilisateurs.
Les débouchés dépassent largement le secteur médical. Jeux vidéo adaptatifs, détection du stress au volant, accompagnement de la santé mentale ou prévention de la fatigue figurent parmi les applications envisagées. Cette convergence entre données physiques, cognitives et émotionnelles pourrait constituer l’une des prochaines étapes du bien-être connecté.
La longévité devient un marché à part entière
Si le concept de « longevity tech » reste encore émergent, il gagne clairement en visibilité. Le sujet ne se limite plus à la recherche sur le vieillissement. Il irrigue désormais plusieurs secteurs économiques : beauté bien-être, santé préventive, sport, nutrition,
Sur Vivatech, L’Oréal mettait en avant son partenariat avec Microphyt autour de l’utilisation de microalgues pour agir sur certains mécanismes cellulaires liés au vieillissement.
Dans le sport, plusieurs jeunes pousses explorent de nouvelles approches de préservation du capital santé. La française Neurathletics développe par exemple un casque destiné à monitorer l’activité cérébrale des sportifs afin de prévenir le surentraînement et ses conséquences sur la performance. La société hongkongaise PointFit, quand à elle, travaille quant à elle sur un patch capable d’analyser en continu glucose, cortisol et acide lactique à partir de la sueur.
Un nouveau marché pour la tech des produits et des services
Au-delà de l’innovation technologique, VivaTech 2026 confirme surtout l’émergence d’un nouveau marché à l’intersection de la santé, du bien-être et de l’électronique grand public.
Les objets connectés deviennent des plateformes de collecte de données biologiques. Les algorithmes d’IA transforment ces données en recommandations personnalisées. Et les industriels cherchent à intégrer ces services dans des écosystèmes capables d’accompagner l’utilisateur au quotidien.
Pour les fabricants comme pour les distributeurs, l’enjeu dépasse désormais la vente d’un produit. Ici aussi, la valeur est en train de se déplacer progressivement vers les services, l’abonnement et l’accompagnement personnalisé.
La prochaine bataille technologique ne portera plus seulement sur la connectivité ou l’intelligence artificielle. Elle se jouera aussi sur la capacité des acteurs à aider les consommateurs à vivre plus longtemps, en meilleure santé et de façon plus proactive.