Le groupe a enregistré une perte opérationnelle de 266 MSEK, contre un bénéfice de 452 MSEK un an plus tôt. Hors éléments exceptionnels, la marge opérationnelle tombe à 0,7 %, contre 1,4 % au T1 2025.
Le principal point noir reste l’Amérique du Nord. Electrolux y subit à la fois une forte dégradation du marché et l’impact des droits de douane américains. Le groupe évoque une chute de 10 % du marché des gros appareils électroménagers aux États-Unis sur le trimestre. Résultat : les ventes organiques reculent de 11,6 % dans la région et l’activité nord-américaine plonge à -868 MSEK de résultat opérationnel.
Le groupe Electrolux progresse en Europe grâce à ses marques premium
Au premier trimestre 2026, le fabricant suédois d’électroménager a réalisé un chiffre d’affaires de 29,5 milliards de couronnes suédoises (environ 2,6 Md€), en baisse de 9 %. En organique, l’activité est quasiment stable à -0,5 %, mais la situation reste très contrastée selon les grandes régions du monde. Le marché aux Etats-Unis plombe les ventes tandis que les ventes progressent de 3,6 % en Europe malgré le contexte tendu.
Les tarifs douaniers américains rebattent les cartes
Le groupe suédois pointe clairement le coût des nouvelles barrières tarifaires américaines, qui viennent renchérir les importations de produits intégrant acier et aluminium. Electrolux estime par ailleurs que les hausses de prix déjà mises en place aux États-Unis ne compensent pas encore totalement ces surcoûts.
Autre impact : un ajustement comptable lié aux remises commerciales et un rappel volontaire de certaines cuisinières gaz Frigidaire ont pesé à hauteur d’environ 300 MSEK sur le trimestre. Dans ce contexte, Electrolux revoit sa perspective marché nord-américaine de “neutre à négative” à franchement “négative” pour 2026.
L’Europe résiste mieux grâce au mix et aux marques premium
À l’inverse, la zone Europe, Moyen-Orient, Afrique et Asie-Pacifique affiche une dynamique plus favorable. Dans un marché européen stable mais toujours très déprimé sur les produits encastrables, Electrolux parvient à gagner des parts de marché avec ses marques AEG et Electrolux.
Les ventes organiques progressent de 3,6 % dans la région, avec une marge opérationnelle remontée à 4,1 %. Le groupe met notamment en avant le bon accueil de ses nouvelles gammes encastrables et un mix produit plus favorable.
Le contexte reste toutefois tendu : pression promotionnelle élevée, consommateurs orientés vers des produits plus accessibles et marché européen toujours à des niveaux historiquement bas.
L’Amérique latine confirme sa robustesse
L’Amérique latine reste la zone la plus rentable du groupe. Porté par le Brésil, Electrolux y affiche une croissance organique de 8 % et une marge opérationnelle hors éléments exceptionnels de 7,9 %. Le groupe souligne la bonne tenue de la demande brésilienne ainsi que les gains de parts de marché réalisés localement, y compris sur le petit électroménager.
Réorganisation mondiale et alliance avec Midea pour se relancer en Amérique du Nord
Face à un environnement jugé durablement plus complexe, le groupe lance plusieurs chantiers structurants. Electrolux a ainsi annoncé l’arrêt de la production sur son site hongrois de Jászberény d’ici fin 2026 ; la fermeture de son usine de Santiago du Chili ; un partenariat stratégique avec le groupe Midea en Amérique du Nord ; une optimisation mondiale de son outil industriel avec environ 3 000 suppressions de postes à terme.Le 23 avril, Electrolux a, en effet, officialisé un partenariat stratégique de long terme avec le groupe chinois Midea afin de renforcer sa compétitivité en Amérique du Nord.
L’accord porte sur deux catégories clés : le froid (réfrigération) et le lavage. L’objectif est d’accélérer le redressement de l’activité nord-américaine du groupe suédois, fortement fragilisée par le ralentissement du marché américain et la hausse des coûts industriels. Electrolux veut notamment améliorer sa flexibilité industrielle, réduire ses coûts et enrichir son offre produit. Le partenariat prendra la forme de trois joint-ventures : une JV commerciale dédiée au froid en Amérique du Nord, une JV industrielle pour la production de réfrigérateurs à Juarez, au Mexique et une JV industrielle pour le lavage à Anderson, en Caroline du Sud. Electrolux et Midea développeront ensemble de nouvelles gammes de réfrigérateurs et de solutions de lavage, avec une montée en gamme des produits et davantage de fonctionnalités connectées.
Le groupe suédois estime que cette alliance générera progressivement environ 600 MSEK d’économies annuelles d’ici trois ans. En parallèle, l’opération entraînera environ 2,4 milliards de couronnes suédoises de charges exceptionnelles au deuxième trimestre 2026, liées notamment à des restructurations et dépréciations d’actifs. Environ 1 500 postes seront concernés dès 2026, même si le nouveau site lavage d’Anderson devrait recruter jusqu’à 1 200 personnes à horizon 2027-2028. A
vec ce partenariat, Electrolux cherche à repositionner son activité nord-américaine. Une évolution devenue nécessaire dans un marché de l’électroménager américain sous forte pression tarifaire et concurrentielle.
Le message de Yannick Fierling, CEO du groupe, est clair. Electrolux veut profiter de cette phase de restructuration pour rebâtir une plateforme plus agile et plus compétitive dans un marché mondial de l’électroménager devenu beaucoup plus volatil.
Pour financer cette transformation et renforcer son bilan, Electrolux prépare également une augmentation de capital d’environ 9 milliards de couronnes suédoises.


