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Décryptage

Téléviseurs : l’Ultra Haute Définition va-t-elle relancer le marché ?

Lancée il y a près d’un an, ce n’est qu’aujourd’hui que l’Ultra HD se déploie réellement avec de nombreux modèles qui prennent place dans les magasins. Véritable concentré de technologies, cette nouvelle norme semble s’imposer chez la plupart des grands noms de l’EGP et apporte de réels bénéfices en termes de confort. Mais de nombreuses questions restent encore en suspend : va-t-il y avoir des contenus en HD ? Si oui, par quelles voies vont-ils être diffusés ? Chez les fabricants comme les distributeurs, les moyens mis en place seront-ils suffisants pour susciter l’intérêt du consommateur après l’échec de la 3D ? Et au final, l’Ultra HD saura-t-elle stopper la chute frénétique que connaît le marché de la TV depuis des années ?

 

Par Sandra Nicoletti

 

 

On le sait, les ventes de téléviseurs sont en grande partie responsables de la baisse de l’EGP. Affichant un chiffre d’affaires en chute de -23% sur Q2-2013  par rapport à la même période l’an dernier selon GfK, la tendance encourageante du 1er trimestre 2013 est déjà oubliée. Et malgré l'augmentation des prix constatée depuis plusieurs mois, la baisse de la demande ne cesse de s’accélérer. Il est vrai que le contexte économique refrène certains achats « plaisir », mais cela ne suffit pas à expliquer le phénomène. Ainsi, le SIMAVELEC (Syndicat des Industries de Matériels Audiovisuels Electroniques) estime que la progression des ventes -qui se faisait auparavant sur le deuxième écran du foyer-, se fait désormais par un autre écran : celui de la tablette. C’est donc sur l’écran principal qu’il va falloir déployer les moyens pour espérer relancer le marché de la TV.

En termes de taille d’écran, la segmentation évolue elle aussi et les grandes tailles tiennent une part grandissante. Selon le Syndicat, les écrans de plus de 47 pouces devraient ainsi couvrir 1/5ème du marché en 2014/2015, ¼ en 2016/2017 et près d’un tiers du marché de la TV d’ici 2018/2020. Et dans ce contexte, l’Ultra HD (ou 4K) constitue un intérêt potentiel. Déployée chez la plupart des constructeurs à partir du 50 pouces, l’Ultra HD offre une qualité d’image infiniment détaillée avec un recul nécessaire de seulement 1,5 à 2 m, quand les modèles Full HD de même taille s’apprécient à 3 m de distance. Pour le consommateur, l’immersion est garantie et le confort visuel optimal, sans lunettes, ni artifices. Avec sa résolution de 3840 lignes x 2160 points (contre 1920 x 1080 pour le Full HD), elle offre une impression d’immersion comparable au relief. Mais encore faut-il qu’il y ait des contenus en Ultra HD.

 

L’Ultra HD va-t-elle subir le même sort que la 3D ?

Manque de contenus, contrainte des lunettes, maux de tête pour certains… Bref, la 3D n’a pas connu le succès escompté. Mais l’Ultra HD saura-elle déjouer ces failles ? Pour l’heure, il y a peu de contenus natifs, mais contrairement à la 3D, les processus de production sont simples et assez proches de ce qui se fait déjà. Des premiers tests ont été menés lors du tournoi de Roland Garros en juin dernier avec des résultats concluants. Quant au cinéma, de nombreux films sont déjà compatibles 4K et l’expérience issue de ce monde professionnel est, ou sera, mise à profit du grand public. Reste ensuite le transfert de ce contenu 4K vers le terminal. Deux voies semblent déjà assurées avec, d’une part, la voie stockée à travers un lecteur DVD, et d’autre part, la diffusion via la fibre ou le satellite. Dans ce dernier cas, le passage à l’Ultra HD se fera au rythme décidé par les opérateurs de ces réseaux, qui contrôlent à la fois la bande passante pour diffuser l’Ultra HD et les récepteurs pour la décoder. Mais c’est davantage le réseau hertzien, via la TNT, qui séduit les industriels de par la gratuité, les services et la pérennité de la diffusion qu’elle offre. En revanche, les contraintes techniques sont dans ce cas plus complexes car limitées par la bande passante. Sans trop entrer dans les détails, pour assurer le déploiement de la 4K sur la TNT, il sera nécessaire de remplacer les encodeurs MPEG2 et MPEG4 par des encodeurs MPEG4 de dernière génération et attendre la loi autorisant la diffusion de la norme DVB-T2/HEVC (déjà lancée dans certains pays) dans les TV et récepteurs Ultra HD, annoncée pour 2016. Et c’est sans compter sur la connectique qui devra elle aussi évoluer vers une nouvelle norme adaptée à la 4K, comme le HDMI 2.0 que certains fabricants proposent déjà.

 

Promouvoir la technologie en magasin

Promue à un bel avenir selon les industriels, l’Ultra HD devrait s’imposer pour représenter 20% du parc des téléviseurs familiaux d’ici 2020. Mais pour y parvenir, il faudra multiplier les démonstrations et les animations sur le point de vente pour séduire un consommateur qui n’a pas su « mordre » à l’appel de la 3D et, dans une moindre mesure, à celui de la TV connectée. Si cette technologie présente des avantages visibles à l’œil nu, les prix restent élevés pour le consommateur « moyen » avec des tarifs oscillants entre 3.000 € pour un 55 pouces jusqu’à plus de 20.000€ pour un 84 pouces. Elle constitue néanmoins un potentiel de valeur ajoutée et de montée en gamme non négligeable. Les fabricants mettent ainsi à disposition des magasins des boîtiers déportés avec du contenu 4K pour diffuser des images époustouflantes sur leurs téléviseurs compatibles. Côtés animations et opérations, certains vont même jusqu’à offrir 10 Blu-Ray masterisés en 4K pour profiter dès à présent des bénéfices de l’Ultra HD. Et même si les volumes ne devraient pas atteindre des records l’an prochain, il ne faut pas oublier que l’Ultra HD reste un bon moyen d’augmenter le chiffre d’affaires des magasins.

 

 

En savoir plus sur la 4K :

 

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