En présentant son baromètre début juin, sans le savoir, Somfy avait anticipé les vagues de chaleur qui ont écrasé la France quelques semaines plus tard. Bien que les logements des Français soient plutôt bien équipés en stores et volets, ils ne sont pas pour autant prêts à encaisser les épisodes caniculaires qui impactent le sommeil, la santé et la qualité de vie. L'étude Somfy/Verian "Les Français et leur logement face aux transitions" le confirme. Dévoilée début juin, elle a été réalisée en ligne en mars 2026 auprès d'un échantillon représentatif composé de 2000 personnes mêlant propriétaires (54%) et locataires (42%), dont 39% vivant en appartement.
Étude Somfy : une majorité de logements français mal préparés aux fortes chaleurs
Somfy a récemment dévoilé une étude réalisée en collaboration avec l'institut Verian intitulée "Les Français et leur logement face aux transitions". Alors qu'en raison du changement climatique, les épisodes caniculaires vont aller en se multipliant, le constat est sans appel : nos logements ne sont pas adaptés pour y faire face. De plus, on continue à penser les rénovations en les axant sur le confort d'hiver, le confort d'été étant trop souvent oublié. Pourtant, être harassé par la chaleur estivale n'est pas une fatalité : on peut adapter les logements en combinant protections solaires et gestes de rénovation adéquats. Pour Somfy, il est urgent que les politiques d'aide se mettent au diapason.
Un moment clé dans la politique de rénovation des logements
Si Somfy a fait le choix de réaliser un tel baromètre maintenant, ça n'est pas un hasard. Pour Bruno Capdordy, Directeur Général de Somfy France : "on arrive à un moment charnière dans la stratégie du logement en France". En 2030, 21 millions de logements seront exposés aux vagues de chaleur, un chiffre qui aura doublé en 10 ans. Pour donner un ordre d'idée, il développe : "qu'est-ce qu'une vague de chaleur ? C'est 35°C constamment dans la journée pendant au moins 4 jours (30°C dans le nord de la France)". Par ailleurs, 80% du parc immobilier de 2050 est déjà construit et il n'est pas adapté pour affronter confortablement de tels épisodes. Conclusion : il est urgent d'adapter les logements pour que les Français puissent y vivre dans de bonnes conditions en été tout autant qu'en hiver.
Lors de la conférence de présentation de cette étude, Bruno Barlet, Directeur RSE du Groupe Somfy, a souligné que "l'adaptation du bâtiment existant est un enjeu de santé et de bien-être, c'est un enjeu de sobriété et d'équilibre énergétique et enfin, c'est un enjeu de résilience économique et sociale". Ces propos ont une résonance particulière après déjà plusieurs vagues de canicule qui ont empêché la France de fonctionner normalement (nombreux décès, écoles fermées, hôpitaux saturés, événements culturels annulés...).
Bruno Capdordy poursuit : "le parc n'est pas adapté au changement climatique. Quand on fait la liste des politiques publiques qui visent à améliorer les logements en France, ces dernières années, notre stratégie a été centrée sur l'hiver, par l'isolation et par les technologies permettant d'optimiser le chauffage. Mais très peu d'incitations ont été mises en place pour s'adapter aux contraintes de l'été". Somfy et Verian préconisent de revoir les aides MaPrimeRénov en ce sens pour lever le frein financier et de prendre en compte le confort d'été dans le DPE (notamment la présence de protections solaires). Par ailleurs, Somfy milite pour que les règles d'installation de stores et volets sur le bâti ancien soient assouplies. Enfin, la réglementation actuelle rendant obligatoires les protections solaires lorsqu'un logement est climatisé n'est pas toujours appliquée - Somfy souhaiterait voir son application systématisée.
Le confort thermique, principal point d'insatisfaction des Français vis-à-vis de leur habitation
L'étude démontre que globalement, les Français sont plutôt satisfaits de leur logement (c'est le cas de 71% d'entre eux). Toutefois, le confort thermique, en été comme en hiver, est le point qui crée le plus d'insatisfaction : plus d'un quart des sondés s'en déclarent non satisfaits. 34% des répondants trouvent que leur logement n'est pas adapté à la chaleur - même parmi ceux dont l'habitation est bien isolée (c'est le cas de 20% d'entre eux). "Cela signifie qu'avoir un logement bien isolé n'est pas nécessairement suffisant pour qu'on considère qu'il est adapté aux périodes de fortes chaleur. C'est un chiffre qui est assez marquant" remarque Alexandre Pease, Directeur d'études pour le cabinet Verian.
Sans surprise, l'inquiétude ressentie quant aux épisodes de chaleur est plus importante au sein des ménages modestes et chez les seniors.
Des équipements présents et des écogestes acquis, mais qui ne suffisent pas
L'étude établit clairement qu'en France, il y a une véritable "culture du volet roulant". 64% des Français en possèdent. Si on y ajoute les persiennes et volants battants, 91% des sondés sont équipés, ce qui représente un taux d'équipement élevé. Toutefois, la gestion des protections solaires n'est pas optimale : 52% des sondés ne possèdent que des équipements à commande manuelle. A contrario, seuls 7% disposent d'au moins un équipement automatisé.
C'est sans doute ce qui explique en grande partie que si les gestes permettant de lutter contre la chaleur sont plutôt bien connus des répondants, ils ne les appliquent pas toujours. Exemple : si 77% des sondés déclarent souvent fermer volets et stores le matin avant que le soleil pénètre dans les pièces, 54% admettent ne pas le faire systématiquement.
Face à la chaleur, les Français optent massivement pour la clim
Autre constat de l'étude : sans surprise, l'installation des climatisations croît rapidement ces dernières années. En 2026, 34% de logements en sont équipés contre seulement 14% 10 ans auparavant. Quant aux solutions envisagées par les Français pour résister aux épisodes de chaleur, la climatisation arrive à nouveau en tête des travaux privilégiés dans les prochaines années, devant les volets, stores et rideaux. Le frein principal à l'achat d'équipements ou à la réalisation de travaux pour se protéger de la chaleur est financier (pour plus de la moitié des sondés, soit 52%). Ensuite, un certain nombre ne l'envisagent pas parce qu'ils sont locataires (28%). En troisième position des raisons invoquées arrive le manque d'informations sur les aides financières disponibles.
Quelles préconisations pour adapter les habitations aux prochaines vagues de chaleur ?
Si jamais on fait le choix d'installer un système de climatisation, pour Somfy, il doit absolument être couplé avec des protections solaires efficaces. Dans ce cas, son usage ne fait grimper la facture d'énergie que de 4%, contre environ 25% sans stores ou volets (à raison de 4 h de fonctionnement par jour).
Mais d'autres solutions sont également envisageables. Somfy cite une étude de l'Ademe sur l'adaptation des bâtiments au changement climatique, selon laquelle il est possible de faire diminuer grandement le nombre d'heures d'inconfort lié à la chaleur (de 87% !) si on combine isolation, ventilation et protections solaires - un chiffre qui grimpe même à 99% si on brasse l'air en complément. En revanche, si on se contente d'isoler sans installer de protections solaires, l'inconfort augmente, ce dont on peut de prime abord s'étonner. La raison ? Les fenêtres laissent pénétrer la chaleur mais en raison de l'isolation, celle-ci reste à l'intérieur.
Si le choix le plus efficace demeure un bouquet de travaux, il n'est pas toujours possible de tous les réaliser en même temps. En l'occurrence, de tous, si on doit en prioriser un, c'est l'installation de protections solaires qui choisies seules font le plus diminuer l'inconfort (de 52%). Si elles sont automatisées, leur efficacité est optimale, permettant de réduire la température intérieure de 4 à 7°C (cette fois, la source est l'étude TBC pour la Fédération Française du Bâtiment sur l'Analyse de la contribution énergétique des volets roulants).
Quel budget prévoir pour des protections solaires ?
Cela dépend de l'équipement de départ, indique Somfy. Si on possède déjà des volets roulants manuels, il existe des kits de motorisation à 200 euros, auxquels on peut ajouter une box domotique pour automatiser le fonctionnement de tous les volets du logement (la TaHoma Switch de Somfy coûte 149 euros). Si la fenêtre n'est pas équipée du tout, comptez 700 à 800 euros en moyenne pour un volet avec une alimentation solaire, ce qui évite les travaux électriques.
En ce qui concerne ces équipements, si les logements français sont le plus souvent pourvus de volets roulants, Somfy souligne que d'autres solutions peuvent être intéressantes à envisager, comme les brise-soleil orientables ou les stores verticaux, qui offrent un meilleur confort visuel en plus de la protection thermique.


