Dans le même mouvement, le SNEC (Syndicat National de l’Équipement de la Cuisine) a fusionné avec la CNEF. Il devient le Groupement Cuisine SNEC by CNEF, représentant désormais 1 800 magasins de cuisinistes. Un signal fort pour un segment clé de l’équipement du foyer, particulièrement exposé aux évolutions réglementaires, environnementales et sociales.
La CNEF change d’échelle et s’impose comme l’interlocuteur central des distributeurs de l’équipement du foyer
C’est une recomposition syndicale majeure dans l’ameublement et l’électrodomestique. Depuis le 1er janvier 2026, la Confédération Nationale de l’Équipement du Foyer (CNEF) a officiellement changé de dimension. À l’issue d’assemblées générales extraordinaires, elle s’est substituée à deux organisations historiques du secteur : la FNAEM (négoce de l’ameublement) et la FENACEREM (commerce et services de l’électrodomestique et du multimédia). Une opération de regroupement qui acte la fin d’un paysage syndical fragmenté et marque la volonté de parler d’une seule voix face aux pouvoirs publics.
Un périmètre élargi qui couvre l’ensemble de l’équipement du foyer
Avec cette nouvelle architecture, la CNEF revendique une représentativité transversale sur l’ensemble des marchés de l’équipement du foyer : ameublement, électrodomestique, cuisines, literie, téléphonie, revêtements de sols et murs, luminaires.Au total, la confédération fédère aujourd’hui près de 60 enseignes, plus de 7 500 magasins adhérents, soit environ 133 000 salariés.
Un poids collectif qui fait désormais de la CNEF la principale organisation professionnelle du commerce spécialisé non alimentaire sur ces univers, à un moment où les arbitrages réglementaires et économiques se multiplient (REP, transition écologique, pression concurrentielle, évolution des modèles de distribution).
Une gouvernance renforcée pour peser dans les décisions
La CNEF s’appuie sur un Conseil d’administration de 18 membres, conçu pour refléter la diversité des familles de produits et des circuits de distribution. L’objectif est clair : disposer d’une gouvernance capable de gérer l’urgence, notamment réglementaire et sociale, tout en construisant une vision à moyen et long terme pour les entreprises du secteur.
Cette réorganisation interne s’accompagne d’un message adressé aux adhérents : les moyens d’action sont renforcés sans hausse de cotisation en 2026. Un point stratégique, dans un contexte où les marges sont sous tension et où les distributeurs attendent des services concrets et opérationnels de leurs organisations professionnelles.
Un acteur central du dialogue social et institutionnel
Sur le plan institutionnel, la CNEF est reconnue par la Direction Générale du Travail comme organisation représentative pour deux conventions collectives majeures : le Négoce de l’Ameublement (IDCC 1880) et l’Électrodomestique (IDCC 1686).
À ce titre, elle négocie les accords de branche et intervient directement sur les sujets sociaux structurants pour les entreprises et leurs salariés. La confédération est également présente dans plusieurs instances stratégiques : Conseil National du Commerce, Commission des Comptes Commerciaux de la Nation, OPCOMMERCE, AG2R Prévoyance et AG2R AGIRC-ARRCO.
Un positionnement qui confirme sa volonté d’être un interlocuteur identifié, audible et légitime, aussi bien pour les pouvoirs publics que pour les partenaires sociaux.
Cap sur 2030 : une feuille de route assumée
Au-delà de la réorganisation, la CNEF affiche une ambition claire à l’horizon 2030 : sécuriser la compétitivité économique et sociale des distributeurs de l’équipement du foyer, dans un environnement marqué par des mutations rapides des marchés, des usages et des cadres réglementaires.
La confédération entend notamment s’imposer comme une force de proposition reconnue, capable d’apporter des solutions issues du terrain dans les débats économiques, sociaux et réglementaires. C'est aussi un porte-voix structuré du commerce spécialisé non alimentaire, avec une communication plus lisible et incarnée, pour valoriser le rôle économique et sociétal du secteur. La CNEF se veut également le garant d’un cadre social moderne et attractif, conciliant compétitivité des entreprises et attractivité durable des métiers. Enfin, la confédération se présente comme un partenaire au poids économique renforcé, via la structuration de groupements sectoriels cohérents, afin de peser davantage dans les décisions publiques.
2026 : premières priorités opérationnelles
Pour traduire cette stratégie en actions concrètes, la CNEF a identifié plusieurs chantiers prioritaires dès 2026 :
- la lutte contre les pratiques commerciales déloyales,
- la défense des intérêts des distributeurs dans la réforme des filières REP,
- la simplification des conditions d’exploitation des entreprises, au niveau national comme européen,
- l’accompagnement de l’adaptation des modèles économiques face aux enjeux écologiques et technologiques.
Derrière cette recomposition, un message clair : les distributeurs de l’équipement du foyer cherchent à renforcer leur capacité d’influence collective, à un moment où les décisions réglementaires pèsent directement sur leurs coûts, leurs organisations et leurs modèles économiques. Avec cette nouvelle CNEF élargie, le secteur se dote d’un outil plus lisible, plus structuré et potentiellement plus offensif.


