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Jean-Jacques Blanc

Président du GIFAM

« Va-t-on reprocher aux fabricants d'électroménager d'être allé trop vite ou trop loin dans les économies d'énergie par rapport aux autres industries ? »

Dans une enquête intitulée « Economie d’énergie des appareils électroménagers : pourquoi payer plus pour consommer moins ? » rendue publique le 25 mai dernier, l’UFC-Que Choisir dénonce la nouvelle proposition d’étiquetage énergétique et remet en question les performances environnementales des dernières générations d’appareils électroménagers. Jean-Jacques Blanc, Président du Gifam, répond point par point aux attaques prononcées à l’encontre de la filière Electroménager.

L’UFC-Que Choisir critique l’étiquetage énergétique. Elle serait source de confusion pour le consommateur : la plupart des produits de classes D, E, F ou G n’existent plus sur le marché, les classes A+ et A++ s’ajoutent à la classe A sensée désigner les appareils les plus performants … Quel est le point de vue du GIFAM ?
La révision de l'étiquette énergie a fait débat pendant 2 ans. Toutes les parties intéressées ont pu s’exprimer etnotamment les consommateurs auprès desquels une vaste enquête a été menée en 2009. Leur choix est clair et sans appel : contrairement à ce que prétend l’UFC-Que Choisir, les consommateurs rejettent majoritairement le principe d'une reclassification de A à G et sont en revanche favorables à l'ouverture de l'échelle à de nouvelles classes supérieures de types A+ ou A++. Comment d’ailleurs s’en étonner puisqu’ils en ont pris l’habitude depuis 2003 sur le réfrigérateur et le congélateur. Ils savent fort bien qu’un appareil classé A+ ou A++ est plus performant qu’un appareil classé A.
Cette nouvelle étiquette a été adoptée par le Conseil de l’Europe et approuvée officiellement par le Parlement européen le 19 mai. Le processus d'adoption de la nouvelle directive cadre « Etiquetage énergie » est donc achevé et les nouvelles classes supérieures devraient apparaitre courant 2011 pour certaines familles de produits.


Que répondez-vous à l’affirmation de l’UFC-Que Choisir selon laquelle « Pour les réfrigérateurs et congélateurs, les appareils de classe A sont les plus énergivores » ?
Cette formulation est choquante. L’UFC-Que Choisir oublie que lors du lancement de l’étiquette énergie en 1995, 75% des ventes consistaient en appareils de classe D à G. En quelques années, notre industrie a complètement transformé le marché de sorte qu’il a fallu en 2003 ajouter des classes supplémentaires (A+ et A++) pour identifier les appareils de nouvelle génération aux performances encore plus élevées. Va-t-on reprocher aux fabricants d’électroménager d’être allé trop vite ou trop loin dans les économies d’énergie par rapport aux autres industries ?
Aujourd’hui, la moyenne du parc d’appareils en fonctionnement en France correspond à la classe C. Quand un consommateur renouvelle son équipement, même s’il achète un appareil de classe A, il réalise au minimum une économie d’énergie de 40% !


Dans son étude, l’UFC-Que Choisir remarque que les produits les plus performants sont absents des rayons. Etes-vous d’accord sur ce point ?
Absolument pas ! 40 marques proposent des réfrigérateurs de classe A+ et A++ sur le marché français. L’offre de réfrigérateurs A+ a été multipliée par cinq depuis 2004 et représente aujourd’hui plus de 30% des ventes. Les distributeurs accompagnent les efforts des fabricants, à la fois dans la présentation d’une offre complète et homogène, mais également dans une démarche pédagogique pour mieux aider le consommateur à faire un choix écologique. Je vous invite à prendre connaissance du guide didactique « L’innovation, le choix gagnant » à l’aide duquel les grandes enseignes comme les fabricants informent le consommateur à cet effet. Vous le trouverez sur le site www.gifam.fr.


L’UFC-Que-Choisir affirme que « le geste écologique n’est pas un investissement rentable » et attaque ainsi les industriels sur un de leurs arguments clé - celui du « coût global » - selon lequel les produits les plus respectueux de l’environnement sont certes plus chers à l'achat, mais moins chers lorsque l’on prend en considération le coût d’utilisation. Quels sont vos arguments face à cette accusation ?
C’est un mauvais procès qui nous est fait! Il y a un vrai retour sur investissement sur la grande majorité des appareils performants. Un simple exemple : en 2000, un réfrigérateur de catégorie B coûtait 500 euros et son coût d’usage sur quinze ans atteignait 770 euros. Aujourd’hui, le prix du même modèle A+ est 530 euros et son coût d’usage est de 420 euros. Le coût global annuel a baissé d’1/3 !
Selon les modèles de classe A++, le retour sur investissement peut être plus difficile à obtenir, même s’ils réduisent la consommation de 25% par rapport à un appareil de classe A+. Pourquoi ? Il faut comprendre que le réfrigérateur de classe A++ est un produit émergeant. Sa conception implique une véritable rupture technologique, il réclame des composants spécifiques, des compresseurs de nouvelle génération, des isolations renforcées et donc des coûts de fabrication plus élevés. Des séries plus longues vont permettre d’améliorer la productivité et pourront à terme faire baisser les prix, mais il faut que le marché décolle.

Justement, pour aider ce marché à décoller, l’association de consommateurs préconise d’étendre aux appareils électroménagers le dispositif du bonus-malus qui a fait ses preuves pour l’automobile. Vous alignez-vous sur leur proposition ?
Pour justifier sa demande, l’UFC-Que Choisir fait référence aux dispositifs mis en place en Italie en Espagne ou en Autriche. Mais dans ces pays, c’est le bonus qui s’applique, pas le malus ! Par ailleurs, l’électroménager est dans un schéma qui n’est pas comparable à celui de l’automobile où le malus s’applique aux modèles les plus puissants et les plus chers comme les sportives et les 4X4. Pour nos produits, promouvoir de l’A++ à l’aide d’un bonus impliquerait en compensation un malus qui serait nécessairement supporté par la majorité des consommateurs.
Plus généralement, nous pensons qu’en l’occurrence, on se trompe de combat ! Aucun secteur économique n’a réalisé depuis 20 ans autant de progrès énergétiques que l’électroménager. Les consommations d’énergie dans la cuisine ont considérablement baissé. Aujourd’hui, sur 100 consommateurs qui renouvellent leur réfrigérateur, 65 vont réduire leur consommation d’énergie de 40% et les 35 autres la réduiront de 60%. Que l’on s’inquiète de la croissance des consommations électriques dans les logements, rien de plus normal, mais il ne faut pas se fourvoyer. L’étude Enertech réalisée au profit de REMODECE, programme européen sur la consommation d’électricité dans le résidentiel, est très explicite. Elle révèle que la bureautique domestique comme la transformation du poste audiovisuel, s’ils sont de vraies sources de progrès pour le consommateur, ont modifié profondément les consommations des logements. A elles deux, ces « nouveautés » ajoutent 635 kWh/an au logement. C’est ce que l’on a gagné sur les secteurs du froid ménager, de l’éclairage et du lavage depuis 10 ans !


NDLR : Les questions et réponses ont été écrites par le Gifam, sous forme d’une tribune libre diffusée à la presse.

 

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