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Maxime Saada

Directeur Général Adjoint, en Charge de la Distribution du Groupe Canal+

« La télévision payante reste clairement notre coeur de métier »

Le groupe Canal + vient de lancer le nouveau CanalSat. Au-delà de la refonte du logo et de la communication, c'est une véritable mutation en profondeur. Télévision personnalisée, télévision intelligente, meilleurs contenus et services : le bouquet payant ne ménage pas ses efforts pour fidéliser ses abonnés et en séduire de nouveaux. Moteur Eureka, label HD+, application CanalTouch sur tablette... les innovations aussi ne manquent pas pour animer la fin d'année. Une simplication des offres et des process est également engagée. Le point avec Maxime Saada, Directeur Général Adjoint, en Charge de la Distribution. Entretien exclusif.

 

Interview : Eric Shorjian

 


Neomag: Pourquoi toutes ces évolutions dans le nouveau CanalSat ? Qu'en attendez vous ?

Maxime Saada : Avant d'évoquer l'évolution de CanalSat et pour mieux la comprendre, je voudrais d'abord refaire un point sur le positionnement de Canal+. Canal+ est une chaine généraliste premium couvrant plusieurs thématiques avec les meilleurs contenus et les plus exclusifs. Nous sommes partis d'une bi-thématique cinéma et foot. Puis celle-ci a été élargie au fur et à mesure des années. Les séries, notamment ont été une composante très importante de cette stratégie généraliste. Il y a quatre ans environ, nous avons pris un nouveau virage : celui de la création originale. Il vient de trouver sa maturité très récemment. Aujourd'hui, nous finançons nos propres fictions de manière à retrouver une exclusivité sur des programmes que nous voulons très prestigieux, et que nous lançons comme de grosses séries américaines. Je veux parler de Braco, Engrenages, Maison Close ou encore Borgia depuis la rentrée.

 

Neomag: C'est très clair, venons-en maintenant à CanalSat...

Maxime Saada : Traditionnellement, CanalSat c'était la quantité de chaînes. Mais le message de la quantité devenait très dilué compte-tenu de la TNT gratuite et des offres de opérateurs de télécoms dans le triple-play. Nous avons donc pensé qu'il était nécessaire de repenser CanalSat. Son repositionnement actuel est basé sur deux point forts ayant chacun la même importance : les meilleurs contenus et les meilleurs services.

En ce qui concerne les meilleurs contenus, il faut retenir trois éléments. Tout d'abord, une relance des investissements dans les chaînes thématiques fabriquées par le groupe Canal+. Cela pour produire plus de programmes exclusifs, inédits et exceptionnels. Nous relançons également la communication sur nos chaînes en affirmant leur appartenance au groupe. C'est ce que l'on appelle les « Plus ». Comedie +, Ciné+, Planete+... CanalSat dispose de l'exclusivité de la totalité de ces chaînes. Si vous voulez toute les « Plus », il vous faut CanalSat. Et nous allons continuer à créer de nouvelles chaînes thématiques. Nous venons de lancer Golf+, une chaine dédiée 24h/24 au golf, et il y en aura d'autres...

Deuxième volet concernant les contenus... Historiquement CanalSat a toujours eu des exclusivités avec des chaînes de renommée mondiale, les meilleures sur leurs thématiques. C'est le cas des chaînes Disney, National Geographic, Discovery, Eurosport... Sur ces chaînes, nous revendiquons également plus fortement l'exclusivité de CanalSat.

 


« La somme de ces deux gammes de chaînes, les « plus » et les « exclusives », soit environ quarante chaines, seul CanalSat les propose »

 


Neomag: Quid du troisième volet ?

Maxime Saada : Il est tout nouveau pour CanalSat : c'est la création d'évènements. Nous souhaitons appliquer à CanalSat une stratégie qui est proche de celle de Canal+, que j'évoquais en préambule. Désormais, CanalSat va produire ou co-produire ses propres événements exclusifs sur lesquels sera concentrée la communication. Nous en aurons une douzaine par an. Ce seront des événements programmes, mais pas uniquement à la télévision nécessairement. Le premier du genre, au mois de septembre, a été le show « Just for Love » d'Arthur au Zénith, diffusé en direct sur Comédie+. Le deuxième sera la chaîne du Père Noël. Une chaîne éphémère pour la période des fêtes de fin d'année. Et ensuite ce sera désormais comme ça durant l'année, avec de gros évènements toutes les six à huit semaines...

 


Neomag: Vous venez d'évoquer les contenus, qu'en est-il des nouveaux services ?

Maxime Saada : Nous avons plusieurs axes. Le premier c'est celui du « Quand je veux », à savoir la consommation de la télévision à la demande. CanalSat y répond avec une offre de plus de 1 000 programmes disponibles à un instant T. Tous les contenus des quarante chaînes « plus » et « exclusives » dont je viens de parler sont visibles à la demande, y compris les films de Disney... C'est compris dans l'abonnement.

L'autre axe c'est celui du « Où je veux ». Nos offres sont déjà disponibles sur tablettes. En novembre, nous franchissons un pas supplémentaire. Nous lançons CanalTouch, une nouvelle application sur tablette permettant de prendre le contrôle de sa télévision, d'avoir une expérience de TV enrichie, un guide des programmes...

 


« Avec la télévision personnalisée, nous créons des nouvelles chaînes façonnées par nos abonnés »

 


Neomag: Lors de la soirée de lancement, vous avez également évoqué le lancement du concept de télévision personnalisé. Qu'en est-il exactement ?

Maxime Saada : C'est un nouveau concept que nous inventons. Avec la télévision personnalisée, nous créons des nouvelles chaînes façonnées par nos abonnés. Dans le jargon technique, nous appelons ça des chaînes relinéarisées. Quelques exemples... Le M6 Music Player, créé avec M6, est ainsi une chaîne qui permet de créer ses propres playlists de vidéoclips. A partir d'une base de données de 30 000 clips et d'un système de filtres, l'abonné CanalSat peut avoir accès des playlists très thématisées sur un artiste, un style musical... Dans le même esprit, nous avons développé « MonNickelodeon Junior » un la chaine jeunesse Nickelodeon. Le principe est très simple : l'abonné répond à quelques questions très simples du style : « Garçon ou fille, apprentissage des langues ou pas... » et les contenus disponibles sont filtrés de manière adéquate. Autre projet : CanalSat Le Campus. L'abonné se rend sur le site CanalSat.fr. Il renseigne sur le niveau de scolarité de son enfant et la matière qui l'intéresse. Il a alors tous les renseignements sur les programmes du mois à venir correspondants au programme de scolarité de son enfant. C'est une nouvelle façon de profiter de la richesse de l'offre de 300 chaînes sur un registre autre que celui du divertissement, en l'occurrence, celui de l'éducation. Cette promesse d'ultra thématisation se retrouve également dans Ciné+ qui permet de faire ses choix dans l'offre de films proposés en catch-up TV.

 


Neomag: La presse a surtout évoqué le service Eureka. Qu'apporte cette nouvelle technologie ?

Maxime Saada : Avec Eureka nous entrons dans le domaine de la télévision intelligente. C'est un moteur de recommandation personnalisé. Il analyse la consommation du foyer et lui propose chaque soir six programmes susceptibles de le satisfaire. Sur une base anonyme, le décodeur connecté à internet remonte les consommations, analyse celle des quinze derniers jours passés et en fonction de cela recommande les programmes qui vont le plus vous plaire et qui passent en ce moment. Eureka a nécessité quatre ans de développements en interne. Cela a été très compliqué et a nécessité un vrai savoir faire technique et une connaissance éditoriale. Nous avons du revoir toute nos architecture informatique de gestion des données.

 


Neomag: Quatre ans ? Eureka n'est donc pas juste une réponse à Google TV et aux téléviseurs connectés, comme il a été entendu ici ou là...

Maxime Saada : Avant tout, nous avons développé Eureka car nous avions un enjeu de valeur ajouté de CanalSat qu'il fallait faire évoluer face à la TNT. Le tour de force d'Eureka c'est que le moteur fonctionne en toute transparence. Il ne cherche pas, il trouve...

 


« Nous sommes passés au « contrat numérique » et nous allons le déployer en 2012 »

 


Neomag: Compte-tenu du développement de cette richesse de l'offre et des services quels moyens seront proposés à la distribution ?

Maxime Saada : Nous allons énormément insister sur cette notion de multiplicité des écrans à l'occasion de Noël. Nous le ferons savoir en magasin. Nous aurons notamment des offres spéciales tablettes à la fin de l'année. Plus globalement, nous allons travailler sur la convergence et sur la simplification de nos offres. Aujourd'hui, nous avons le sentiment que c'est trop compliqué pour nos clients et pour nos distributeurs, même si nous mettons énormément l'accent sur la formation. Nous sommes en train de simplifier le discours mais aussi le parcours. Nous sommes ainsi passés au « contrat numérique » avec beaucoup de nos distributeurs et nous allons le déployer en 2012. Il n'y aura plus de contrats papiers. L'objectif étant de souscrire un abonnements en quelques minutes.

Notre nouvelle plate-forme de communication s'inscrit aussi dans cette volonté de simplification. Cela vaut pour notre nouveau logo ou nos nouvelles publicités qui très didactiques. Enfin, nous avons également la volonté de continuer à promouvoir la qualité de l'image Haute Définition à travers le satellite. Nous lançons un label « HD+ » pour revendiquer que la meilleure qualité de télévision se trouve sur le satellite. D' ici fin 2011, 25 chaines seront labellisés et une quarantaine en 2012.


Neomag: L'annulation de la fusion avec TPS, cela change quoi pour vous ?

Maxime Saada : Nous allons payer une amende. Nous faisons appel de cette décision. Mais opérationnellement, sur l'offre cela ne change absolument rien.


Neomag: Le développement du groupe Canal+ dans le secteur de la télévision gratuite va-t-il changer quelque chose au niveau du payant ?

Maxime Saada : Canal+ développe des fictions qui sont très coûteuses. Pour les financer, nous avons des sources à l'étranger. L'exploitation sera sur le gratuit sera une autre piste. Nous pourrons être encore plus ambitieux compte-tenu de la possibilité d'amortir non seulement sur Canal+ mais potentiellement deux ou trois ans plus tard sur nos chaînes gratuites. Des séries comme Braco ou Maison Close ne peuvent passer en prime-time sur des chaînes hertziennes. Et puis, tout ce qui passe sur Canal+ n'ira pas sur le gratuit... La télévision payante reste clairement notre coeur de métier.

 


En savoir plus

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