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Fondateur et Dirigeant du Groupe Ubaldi
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Pascal Carcaillon

Délégué Général de Fodipeg- Réseau Ducretet

« « Rendre nos apprentis rapidement opérationnels et au meilleur niveau en 12 mois » »

Quel est le rôle de l’apprentissage dans l’emploi des jeunes ? Quelles sont les dernières mesures gouvernementales ? Pourquoi les entreprises ont-elles intérêt à recruter un apprenti et quelle est la manière de procéder ? Pascal Carcaillon, Délégué Général de Fodipeg-Réseau Ducretet, revient en détail sur l’un des points essentiels de l’avenir de la distribution électrodomestique : la compétence et la formation de ses employés…

Neomag : L’actualité sur la formation des jeunes est très nourrie et les mesures de l’Etat en faveur du développement de l’apprentissage se succèdent. Comment le Réseau Ducretet s’inscrit-il dans cette démarche ?
Pascal Carcaillon :
Nous ne pouvons que nous réjouir de cette politique qui bénéficie aux jeunes comme aux entreprises. Le chômage des jeunes atteignant le triste record des 25% en France, soit un des taux les plus élevés des pays de l’OCDE, le développement des dispositifs de formation en alternance constitue une réponse efficace et avérée. Nous saluons donc les nouvelles mesures inscrites dans le projet de loi Cherpion qui vient d’être adopté par le Sénat. Nadine Morano s’en est fait l’écho en mettant en avant les « trois leviers » pour développer le nombre d’apprentis :
- la revalorisation de l’alternance en instaurant, entre autres, la carte « Etudiant des Métiers »,
- la mobilisation des entreprises grâce au dispositif « zéro charge » pendant 1 an pour toute embauche supplémentaire d’un jeune sous contrat d’apprentissage ou de professionnalisation pour les entreprises de moins de 250 salariés et le relèvement du quota de jeunes en alternance à 4% dans les entreprises de plus de 250 salariés. Ce dispositif se cumule aux autres aides financières de l’Etat et des Conseils Régionaux qui rendent l’apprentissage encore plus attrayant, notamment dans la conjoncture actuelle où nos entreprises souffrent d’une baisse sensible de la consommation.
- le développement d’une offre de formation de qualité, adaptée aux besoins des entreprises et des territoires.
Le Réseau Ducretet est parfaitement en phase avec la volonté du gouvernement. L’adéquation « emploi-formation » a toujours été notre principale préoccupation. Pour cela, nous nous attachons à faire coller les programmes du CFA aux besoins de compétences opérationnelles propres à chacun des métiers auxquels nous préparons nos apprentis. C’est là notre « ADN » qui a permis de garantir l’excellence des résultats du Réseau Ducretet avec un taux d’insertion professionnelle qui a été toujours maintenu au-delà des 90% depuis 19 ans. C’est la finalité de notre mission.

Nous encourageons donc les professionnels à accueillir un maximum de stagiaires, sous convention école, pour être en capacité de les tester avant de leur proposer un contrat d’apprentissage


Neomag : Comment se déroule le recrutement des jeunes ? Apportez-vous un soutien à l’entreprise ?
Pascal Carcaillon :
En synthèse, il y a deux cas de figures possibles. Selon le Code du Travail, c’est l’entreprise qui sélectionne un jeune et l’adresse ensuite au CFA de son choix, ce dernier assurant la formation théorique préparant au diplôme. Dans ce cas, nous recevons le futur apprenti afin de valider son entrée en lui faisant passer l’ensemble des épreuves de sélection spécifiques au Réseau Ducretet. Nous donnons ensuite les résultats à l’entreprise qui prend la décision finale dans le respect des critères d’exigence du titre préparé. C’est une excellente solution mais nous constatons que très peu d’entreprises repèrent elles-mêmes leurs apprentis, ce qui est dommage. Nous encourageons donc les professionnels à accueillir un maximum de stagiaires, sous convention école, pour être en capacité de les tester avant de leur proposer un contrat d’apprentissage. Cette méthode, utilisée par quelques chefs d’entreprises s’avère être la plus performante et les résultats comparatifs le prouvent.

Cependant, près de 90% des apprentis que nous formons sont issus d’une démarche de recrutement externe qui mobilise d’importants moyens de communication et de sélection. L’an passé, nous avons établi 5047 contacts avec des jeunes prospects et obtenu 1609 candidatures. Après étude des dossiers complets et réalisation des épreuves, en l’occurrence des tests et des entretiens, nous avons présélectionné 833 candidats qui ont été ensuite présentés aux entreprises. In fine, nos partenaires ont retenu 511 d’entre eux. En synthèse, je peux vous affirmer que le processus de sélection des apprentis du Réseau Ducretet constitue un enjeu majeur. Nous n’avons de cesse de l’améliorer pour satisfaire au mieux les entreprises. L’établissement du cahier des charges de l’entreprise, la définition des profils, la recherche de candidats potentiels, la conception des épreuves de sélection, la réalisation des tests techniques et psychotechniques, la gestion des entretiens de motivation et, enfin, la méthode de sélection, doivent faire l’objet du plus grand soin pour sécuriser le recrutement. Nous nous devons d’être très exigeants, c’est essentiel pour gagner et consolider la confiance de nos entreprises partenaires. 

Neomag : Quelle est la démarche à suivre pour embaucher un apprenti du Réseau Ducretet ?
Pascal Carcaillon :
Le mieux est de contacter notre responsable des relations entreprises du Réseau Ducretet, en l’occurrence Hervé Durant, qui sera en mesure de conseiller le chef d’entreprise sur les métiers auxquels nous préparons les jeunes. En effet, nous proposons 7 formations différentes pour accéder aux métiers de vendeur, de conseiller et de technicien, d’où la nécessité d’une bonne écoute pour bien comprendre le besoin de l’entreprise et la satisfaire. La rentrée de la promotion 2011-2012 est en cours et nous recruterons des apprentis jusqu’à fin octobre, voire au-delà si nécessaire. Sur ce point, il faut savoir que l’entreprise peut signer un contrat d’apprentissage 3 mois avant le début du cursus de formation en CFA et jusqu’à 2 mois après. Quand une entreprise nous fait appel, nous nous engageons à l’accompagner tout au long du processus : le recrutement de l’apprenti, l’établissement de son contrat, son suivi pédagogique et son évaluation continue jusqu’à l’obtention de son titre certifié et son insertion professionnelle. 

 

Il faut rappeler qu’un apprenti bénéficie d’une exonération totale des charges salariales, tout comme l’entreprise qui est exonérée de charges patronales

Neomag : Cette présence du Réseau Ducretet ne couvrant pas toutes les régions administratives, n’est-ce pas un handicap pour les jeunes et leurs entreprises d’accueil ?
Pascal Carcaillon :
Il faut reconnaître que c’est un point délicat à gérer car notre profession n’est pas en capacité d’implanter un CFA dans chaque région administrative et, compte tenu des fortes contraintes économiques, nous faisons pour le mieux afin d’assurer la pérennité du dispositif existant. Le Réseau Ducretet a été dimensionné pour couvrir l’ensemble du territoire en tenant compte des besoins des entreprises et des moyens financiers disponibles. Sa densité est donc le résultat d’un compromis qui a abouti à une logique d’implantation interrégionale. Les CFA partenaires sont aujourd’hui situés à Bordeaux, Bruay, Clichy, Marseille, Metz, Lyon, Rennes, Roubaix et Valenciennes pour la métropole ainsi que St Denis pour La Réunion. Comme pour accéder à toute école spécialisée, un jeune se doit souvent d’accepter la contrainte de l’éloignement pour bénéficier d’une formation de qualité et il est ici particulièrement important de noter toutes les mesures qui ont été prise en faveur de la mobilité des apprentis. Il existe plusieurs aides financières en matière de transport, d’hébergement et de repas qui facilitent l’accueil d’apprentis dont les entreprises d’accueil se trouvent très éloignées du CFA, souvent au-delà de 200 kms. A titre d’exemple, un apprenti, dont l’entreprise est à Clermont Ferrand et le CFA Ducretet à Lyon, perçoit une subvention forfaitaire annuelle de 450 €/an du Conseil Régional de Rhône Alpes ainsi qu’une aide au logement de type APL qui couvre, en moyenne, 70% du coût du loyer en résidence étudiant. A cela s’ajoute le prix préférentiel des repas au sein du CFA, soit 3,50 €/repas. Enfin, il faut rappeler qu’un apprenti bénéficie d’une exonération totale des charges salariales, tout comme l’entreprise qui est exonérée de charges patronales. Dans le cadre du Réseau Ducretet, son salaire moyen d’environ 870 € net/mois lui offre une relative aisance pour gérer son budget et suivre son parcours de formation en alternance dans de bonnes conditions. En conclusion, et compte tenu de tous les avantages offerts par l’apprentissage, je ne pense pas que l’éloignement du CFA soit un frein dès lors que le jeune est motivé pour apprendre un métier dans les meilleures conditions offertes par les CFA du Réseau Ducretet.

Neomag : Si les contraintes de l’éloignement peuvent être levées, celles de la situation économique actuelle ne constituent-elles pas un frein à l’embauche des jeunes ?
Pascal Carcaillon :
Nous constatons ici deux postures possibles. La première émane d’entreprises qui s’étaient engagées à recruter des jeunes depuis plusieurs mois et qui, par crainte d’un avenir incertain, préfèrent se désister. Au contraire, d’autres entreprises décident de se reporter sur l’apprentissage pour limiter au maximum les risques d’une embauche d’un collaborateur expérimenté tout en préparant l’avenir. L’attrait des conditions financières exceptionnelles favorise largement le choix en faveur d’un contrat d’apprentissage qui, rappelons-le, est un CDD qui engage le professionnel sur une durée de 1 an dans le cadre des titres du Réseau Ducretet. C’est ici un atout déterminant pour l’entreprise qui bénéficie de l’embauche d’un jeune de niveau BAC minimum, sélectionné selon des critères de plus en plus exigeants, qui sera rapidement opérationnel au sein de sa structure. Pour exemple, il n’est pas rare de voir qu’un apprenti vendeur obtienne d’excellents résultats quantitatifs et qualitatifs après deux à trois mois de formation en alternance. Certains taquinent les meilleurs vendeurs expérimentés dans les classements des magasins. Le contraire serait d’ailleurs inquiétant dans la mesure où la formation dispensée est totalement axée sur les compétences opérationnelles grâce aux moyens qui sont mis en œuvre, notamment les magasins pédagogiques équipés de linéaires de produits finis et de caméras sous IP pour piloter les simulations de vente.

Les apprentis, équipés d’une oreillette, peuvent jouer leur jeu de rôle à distance tout en étant coaché par le formateur qui reste en salle de cours théorique avec les autres jeunes qui observent le déroulement de la vente. C’est ce training régulier conjugué à l’acquisition de connaissances techniques qui développe la compétence des apprentis. Compte tenu de ces conditions, le retour d’investissement est quasi immédiat pour l’entreprise qui a tout intérêt à embaucher un apprenti « Ducrétien », pour le court terme comme le moyen-long terme.

 

Avec nos partenaires, nous concevons et nous adaptons en permanence les référentiels des cursus de formation préparant à nos métiers : vendeur, conseiller et technicien services.

Neomag : Comment expliquez-vous cette constance de la qualité des résultats du Réseau Ducretet ? En quoi se différencie-t-il des autres écoles ?
Pascal Carcaillon :
La recette est la même depuis la naissance du CFA Ducretet : une gestion de la formation professionnelle assurée de A à Z par les représentants de notre filière réunis au sein de l’association FODIPEG, en l’occurrence les fédérations de l’industrie et de la distribution ainsi que les partenaires sociaux. Leur mission commune est de développer une pépinière de jeunes professionnels, directement employables et évolutifs. Ensemble, nous concevons et nous adaptons en permanence les référentiels des cursus de formation préparant à nos métiers : vendeur, conseiller et technicien services. Il s’agit de titres certifiés d’Etat qui nous appartiennent et qui répondent exactement aux besoins des entreprises. Leur gestion relève donc de la responsabilité de la profession et leur mise en œuvre est assurée par l’équipe nationale de pilotage du Réseau Ducretet qui s’appui sur un réseau de CFA partenaires pour couvrir le territoire. La qualité et l’efficacité de la formation des jeunes reposent ici sur notre capacité à manager l’ensemble des moyens humains, organisationnels et matériels.

A cet endroit, nous bénéficions d’un soutien significatif des constructeurs pour assurer la veille économique et technologique, étudier les impacts sur les métiers et les compétences, réaliser des transferts de compétences et de la formation de formateurs, adapter nos outils de formation et, enfin, mettre à jour notre parc de produits finis. Par ailleurs, notre plate-forme FOAD, très riche en contenus pédagogiques qui font références, est un outil idéal pour participer à l’harmonisation de la formation et des évaluations des compétences de nos jeunes. Tous ces moyens exceptionnels constituent des atouts déterminants qui nous distinguent des autres établissements proposant des formations initiales génériques comme les diplômes de l’Education Nationale, de type BAC ou BTS. En synthèse, nous concentrons nos efforts sur le développement des compétences métier qui permettent à l’apprenti d’être rapidement opérationnel et d’améliorer progressivement ses performances en entreprise pour atteindre le meilleur niveau au bout de 12 mois. C’est là notre différence fondamentale.


 

 
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