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Distribution

Conforama : le bras de fer entre les syndicats et la direction monte d’un cran

Le 8 novembre se tient la dixième réunion entre la direction de Conforama et les syndicats de salariés. Au centre des négociations : les conditions d’indemnisations des quelques 1 900 salariés qui vont être licenciés des 32 magasins qui vont fermer en 2020. Pour les syndicats et un collectif de salariés ce sont les problèmes de Steinhoff qui ont engendré la situation actuelle (une plainte contre X vient d’être déposé devant le parquet national financier).  La nouvelle direction estime de son côté que le PSE ne peut pas être impacté par des faits passés…

Le 4 novembre, les deux syndicats CFE-CGC et FO ainsi qu’un collectif de salariés ont porté plainte contre X devant le parquet national financier et l’on fait savoir dans le quotidien Le Parisien. Selon eux, c’est notamment à cause de l’effondrement du groupe Steinhoff, maison mère de Conforama depuis 2011, (un rapport évoque plus de 6 milliards de pertes accumulées) que l’enseigne française est en difficulté aujourd’hui. 

Cette plainte vient s’ajouter à l’appel à la grève « générale et illimitée dans tous les magasins de l’enseigne » qui a été lancé le 15 octobre. Pour l’heure, il n’a pas été suivis massivement.  Au lendemain de l’appel à la grève, huit magasins sur 196 subissaient des débrayages plus ou moins importants. Quatre avaient cessé toute activité, et des mouvements partiels ont affecté plus ou moins l’activité des autres. Le weekend du 26 octobre, une quinzaine de magasins ont été touchés par des actions plus ou moins importantes : débrayages complets dans quatre d’entre eux, partiels dans une dizaine d’autres.

Comme nous l’a expliqué, Amar Lagha délégué au commerce de la CGT « ce n’est pas simple de se mettre en grève.  Les salariés sont en colère mais ils réfléchissent à deux fois avant de débrayer et de perdre des journées de salaire. » Pourtant souligne Jacques Mossé-Biaggini, délégué syndical Force Ouvrière « il s’agit d’un mouvement unitaire qui regroupe FO, la CGT, la CFE-CGC, soit trois des quatre organisations représentatives. » Après un bref espoir d’aménagement du plan social entretenu par le débarquement de Cédric Dugardin, directeur général ‘’transitionnel’’ et l’arrivée de Marc Tenart, un professionnel reconnu de la distribution à la présidence du groupe, les salariés ont déchanté. Au cours des dernières sessions de négociation, la direction des ressources humaines de Conforama a proposé de compléter les indemnités de licenciement légales : 1 000 euros pour un salarié présent depuis moins de 10 ans, 2 000 euros entre 10 et 20 ans et 2 500 euros au-delà. Des proportions jugées « insultantes » par les syndicats...

Fin octobre, la direction insistait également sur d’autres aspects du plan social. « La priorité absolue consiste à aider nos salariés à retrouver du travail le plus rapidement possible, affirme-t-on à la direction. Mais les syndicats sont toujours aussi sceptiques. « Nous avons très vite compris que la direction ne reviendrait sur rien. Ni sur la fermeture des magasins, ni sur les licenciements, ni sur l’enveloppe dévolue au plan social » affirme le délégué Force Ouvrière. « La situation est très compliquée et nous ne pouvons pas dépenser de l’argent qui n’existe pas » rétorque la direction qui rappelle les pertes de l’enseigne (500 millions d’euros cumulés en France depuis 2013 NDLR).

A ce jour, le Groupe Conforama exploite 338 magasins, dont 233 en France (y compris 20 magasins sous enseigne Mon Lit et Moi et 10 magasins Maison Dépôt). A l’international, il compte 105 magasins dans 7 pays : Espagne, Suisse, Portugal, Luxembourg, Italie, Croatie et Serbie. Il réalise un chiffre d’affaires hors taxes de 3,4 milliards d’euros et compte 14 000 collaborateurs. 

 

En savoir plus

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