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Economie circulaire

Invendus : la France va interdire de jeter les produits non-alimentaires

Au plus tard fin 2021 ou fin 2023 selon les cas, il sera interdit de jeter des produits non-alimentaires. La loi imposera aux producteurs, importateurs et distributeurs de donner, réemployer, réutiliser ou recycler leurs invendus. Edouard Philippe vient de l'annoncer à l'occasion d'une visite dans les locaux de Cdiscount à Paris. Le même jour c'est Daniel Broche Chief Customer Officer de Boulanger qui donnait un interview sur le sujet chez nos confères de BFM Business.

Pour lutter contre le gaspillage et afin de favoriser le don et le recyclage de produits, il sera bientôt interdit aux producteurs, importateurs et distributeurs de produits non-alimentaires de jeter leurs invendus. Vêtements, électroménager, produits d’hygiène et de beauté… Le gaspillage de ces produits représente près de 800 millions d’euros de produits non-alimentaires neufs et invendus sont détruits chaque année. C’est cinq fois plus que les dons de ces mêmes produits.

Aujourd’hui, chaque établissement peut gérer ses invendus comme il l'entend : la plupart sont détruits et sont ainsi source d’un immense et intolérable gaspillage de matière. L’idée à terme est de réduire au maximum le nombre d’invendus grâce à une meilleure gestion des stocks, et de favoriser l’économie sociale et solidaire à travers le don. Cette mesure figurera, parmi bien d’autres, dans le projet de loi sur l’économie circulaire préparé par la secrétaire d’État Brune Poirson, et qui sera présenté en Conseil des ministres en juillet.

 

Le fait que des enseignes puissent aujourd’hui encore détruire des produits neufs est scandaleux, explique Daniel Broche de Boulanger sur BFM Business. 

Cette décision est une première mondiale. En effet, la France devient aujourd’hui le premier pays à se doter d’une telle politique de lutte contre l’élimination des invendus non-alimentaire. Et cela, après avoir été précurseur dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. 

Adoptée en 2016 par le Parlement, la loi relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire a provoqué un changement dans les comportements des Français. D’après l’antenne française du Programme alimentaire mondial des Nations unies, elle aurait permis de faire augmenter de 22% les dons aux associations d'aide alimentaire en France. Malgré cette prise de conscience, le gaspillage alimentaire est toujours une réalité. Chaque année en France, 10 millions de tonnes de denrées finissent à la poubelle. Pire, près de 2 millions de tonnes de nourriture encore consommable sont jetées.

Dès 2013, le Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire visait à diminuer par deux le gaspillage alimentaire en France d’ici à 2025. Fin 2017, le Premier ministre Édouard Philippe avait réaffirmé l’engagement de l’État dans ce combat : “Le gaspillage alimentaire est un scandale social et un non-sens écologique”, avait-il déclaré lors de la conclusion des États généraux de l’alimentation, en décembre 2017. “Nous encourageons davantage les dons, en intégrant cet enjeu à la responsabilité sociétale et environnementale des entreprises”.

En 2018, la lutte contre le gaspillage alimentaire s’est intensifiée avec le vote de la loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation saine et durable en octobre dernier à l’Assemblée nationale.

Grâce à cette loi, la restauration collective et à l’industrie agroalimentaire sont également contraints à proposer leurs invendus au don alimentaire. Avec trois milliards de repas servis par an, la restauration collective deviendra donc un levier majeur de la lutte contre le gaspillage alimentaire dans les années à venir. À cet effet, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) a publié un guide à destination des professionnels de la restauration collective. On y retrouve des conseils pour réaliser un diagnostic des denrées alimentaires jetées. L’objectif : quantifier le gaspillage et estimer son coût, puis identifier les leviers d’amélioration, définir et mettre en place des solutions pour le réduire.

Pour les consommateurs, soulignons qu'il existe des applications mobiles pour éviter de jeter de la nourriture. Parmi elles, “Save” ou “Sauver ce qui se mange” propose des recettes avec les produits restant dans son réfrigérateur. Pour mieux gérer ses stocks, l'appli “Peristock” informe par SMS lorsque la date de péremption des produits achetés approche. Dans un autre registre, “Optimiam” et “Too good to go”  indiquent aux utilisateurs les magasins qui se débarrassent de leur surplus. Un moyen de faire des économies en agissant contre le gaspillage de nourriture.

 

En savoir plus

Boulanger mobilise client et équipes pour une consommation plus responsable et solidaire 29/05/2019 

 

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