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Formation

Les CFA sont-ils en danger ?

Les directeurs des CFA de France s’adressent, par une lettre signée de leur Président Gilles Langlo, directement à François Hollande. Avec une baisse de 8% des effectifs, l’apprentissage traverse une crise sérieuse. Dans notre secteur, le plus connu est le CFA Ducretet. Voici le contenu de la lettre

"Monsieur le Président de la République,

Nous, Directeurs de CFA de France, membres du réseau de la FNADIR*, tenons à vous exprimer notre immense déception à la lecture de la loi relative à la formation professionnelle, à l'emploi et à la démocratie sociale.

Nous avons eu l'honneur de contribuer aux réflexions et travaux nationaux qui ont conduit à la naissance de cette loi, et à ce titre, nous portions l'espoir d'une politique d'envergure, refondatrice et véritablement ambitieuse. Force est de constater que les choix retenus trahissent nos positions et plus grave encore, trahissent l'élan que vous aviez impulsé au cours de votre campagne, puis lors de la grande conférence sociale des 9 et 10 juillet 2012.

Monsieur le Président, vous avez décrété la jeunesse "grande cause nationale" et l'emploi, priorité absolue. De fait, l'apprentissage est aujourd'hui loué en tant que vecteur incontesté de réussite de ces objectifs croisés. L'apprentissage tout à la fois permet et requiert l'union sacrée du monde du travail et celui de l'éducation.

Nous sommes 500 directeurs et directrices de CFA, représentant plus de 300 000 apprentis ; nous sommes au coeur de l'action, sur le terrain des familles et des entreprises. Notre Fédération de CFA transcende les sensibilités politiques des multiples réseaux qui la composent. Pourquoi vous être privé de notre expertise, de notre force?

Monsieur le Président, cette loi contient les germes de l'échec absolu de vos et de nos ambitions. En atteste la baisse, d'ores et déjà constatée, des effectifs d'apprentis, mesurée dès janvier 2014 : moins 8%, source DARES incontestée. La nation toute entière devait, sous votre impulsion, se mobiliser pour réduire les fractures idéologiques et culturelles qui entravent l'emploi des jeunes. La formation par apprentissage devait constituer le socle du projet pour réconcilier éducation, formation et travail. La récente loi ne le permettra pas, en aucun cas.

Monsieur le Président, la note jointe détaille nos arguments et les analyse factuellement avec objectivité. Le ton est vif et direct, il nous ressemble.

Nous voulons croire que vous y serez sensible.

Notre énergie et notre conviction se nourrissent à la source de la jeunesse de France, sans intermédiaire ni logique d'appareil. Nous publierons la note jointe et formulons le voeu que des relais bienveillants vous la signaleront. Ensuite, si vous le jugez utile, Monsieur le Président, nous serions honorés de vous rencontrer pour en échanger.

Dans cette attente, veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de notre haute considération."

Gilles Langlo

 

*   Fédération Nationale des Associations Régionales des Directeurs de Centres de Formation d'Apprentis

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