Quel plan pour sauver le Meuble et l’Electroménager en 2020 ?

Quel plan pour sauver le Meuble et l’Electroménager en 2020 ?

le 13 mai 2020
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En 2020, les marchés français de l’électroménager et de l'ameublement pourraient respectivement baisser de 15% et 25%, voire 30% pour le second... C'est ce que prédisent la Fnaem et Fenacerem. Pour doper la relance, les fédérations professionnelles proposent de nouvelles mesures. Elles demandent notamment à Bercy un déblocage partiel ou total des PEL (Plan Epargne Logement) pour l’achat de meubles et de gros électroménager neuf.

Ces prévisions et le détail de ces mesures émanent des deux fédérations professionnelles représentatrices de l'essentiel des commerces et distributeurs de Meubles et d'Electroménager en France (130 000 salariés au total) suite à un point presse en mode visioconférence organisé avec Pierre Thuillier, Président de la Fenacerem, Jean-Charles Vogley, Secrétaire Général Fnaem et Fenacerem,  Patrick Prigent, Vice-Président de la Fnaem en charge des affaires sociales et du rapprochement des branches ameublement/électroménager et Didier Baumgarten Président de la Fnaem (en audio).

De mars 2020 à mars 2019, le chiffre d’affaires du marché de l’ameublement domestique a chuté de 51,6%. L’évolution en cumul à fin mars est en recul de 16,2%. Il y a eu peu de de transfert sur les ventes en ligne car le meuble n'est pas jugé prioritaire et les livraisons volumineuses ont été difficiles pendant le confinement. Selon la Fnaem, les chiffres d’avril amplifieront cette tendance négative, les magasins ayant été fermés tout le mois.

Bénéficiant de retour d’expérience de ses certains de ses adhérents qui disposent de magasins en Chine mais aussi du début de déconfinement dans autres pays européens, la fédération s’attend à une reprise d’activité assez lente et très progressive. «Dans les prochains mois, la fréquentation en magasin sera très probablement plus réduite mais certainement plus qualitative et plus ciblée », souligne Patrick Prigent, Vice-Président de la Fnaem en charge des affaires sociales et du rapprochement des branches ameublement/électroménager.

Les clients ayant de réels projets se déplaceront et passeront à l’acte, tandis que les autres reporteront aisément. Pour 2020, selon des scénarios en cours d’affinement, la Fnaem estime que le marché de l’ameublement domestique pourrait connaître un recul oscillant, à date, entre -20 et -30%.

 

Sur l’année le secteur de l’électroménager s’en sortirait un peu moins mal que celui de l’ameublement

Au niveau de l’électroménager, sur avril, avec les activités de «click and collect », associées aux livraisons ainsi qu’aux réouvertures légales de magasins du commerce associé, la Fenacerem estime la baisse à -50%. Selon Pierre Thuillier, Président de la Fenacerem, le marché de l’électroménager devrait remonter en juin et juillet, les entreprises générant à nouveau entre 80% à 90% de leur chiffre d’affaires. Du coup, sur l’année le secteur de l’électroménager s’en sortirait un peu moins mal que celui de l’ameublement. La Fenacerem, indique que ses prévisions annuelles 2020 « largement partagée par les distributeurs » sont celles d’un marché en recul de 15%. 

 

Eviter un scénario de réouverture à « l’allemande » 

Dés le début du confinement, cette "confédération" Fnaem/Fenacerm n'a pas ménagé ses efforts, sous l’autorité quotidienne de leurs présidents et du vice-président Fnaem en charge des affaires sociales et du rapprochement des deux branches. Leurs adhérents ont été informés en temps réel de l’ensemble des dispositifs de soutien obtenus. Ce sont près de 200 000 mails qui ont été adressés en deux mois en une grosse quarantaine de campagnes d’information. Elles ont également répondu, avec l’appui de leurs conseils spécialisés, aux multiples questions posées par les magasins, dans les domaines sociaux, fiscaux, commerciaux…

Afin de préparer et faciliter la réouverture des magasins en coordination étroite avec les pouvoirs publics, l’édition des préconisations sanitaires de branche a été effectuée mi-avril.  Egalement, quatre vagues de commandes cadres de matériels de protection ont été organisées (près de 2 millions de masques ont été commandés), l’idée étant d’éviter un scénario de réouverture à « l’allemande » par types d’activité ou par surface. 

Comme leurs entreprise adhérentes, les équipes Fnaem et Fenacerem se sont également mises en mode « visio-conférence » avec les partenaires sociaux. Deux accords de branche sur les congés payés, ont été signés par CFDT et CFTC au profit des entreprises de moins de 50 salariés des deux branches.

 

Augmenter la durée de la période de soldes à 6 semaines

Les deux fédérations ont également défendu les positions des entreprises adhérentes sur de multiples sujets. Concernant les soldes, la position, majoritaire, est qu’il n’y ait pas de report de la date initiale de début des soldes (24 juin). Mais ceci avec une extension de leur durée qui passerait de quatre à six semaines. A défaut, les fédérations demandent une date de début des soldes pour le 15 juillet au plus tard.

 

Annulation des loyers et rôle des assureurs crédits

En ce qui concerne les loyers, Fenacerem et Fnaem se sont jointes à 14 autres fédérations pour obtenir du gouvernement un soutien plus ferme face aux bailleurs. Objectif : obtenir une annulation des loyers pendant la fermeture des magasins, puis une proportionnalité de ces derniers avec l’activité réelle lors de la reprise, qui s’annonce très progressive.

Sur le sujet des assureurs crédits ayant dégradé les notations de nombreuses entreprises et réduit d’autant les encours autorisés à leurs fournisseurs, sujet déjà évoqué par Pierre Thuillier dans  Neomag, la Fnaem et la Fenacerem indiquent avoir évoqué le sujet avec le Ministère de l’Economie. L'idée est de freiner le mouvement engagé par ces assureurs et d'obtenir des médiations favorables aux adhérents. Certains assureurs-crédits auraient entedu le message et seraient en train de réviser leurs positions...

Enfin, concernant la couverture des mandataires sociaux, les deux fédérations ont convaincu les instances de gouvernance paritaire de l’AGIRC- ARRCO d’ouvrir aux cotisants salariés, ne pouvant bénéficier du chômage partiel, la possibilité d’une aide individualisée (plafonnée à 1 500 €).

Ainsi, les dirigeants mandataires sociaux salariés (gérants minoritaires, Présidents de SAS...) peuvent ainsi, depuis le 11 mai, l’obtenir sur demande formulée auprès de l’Institution de Retraite Complémentaire (IRC) à laquelle ils cotisent à titre individuel.

 

Débloquer de l’épargne des PEL pour l’achat de meubles et gros électroménager neufs

Après toute ces actions effectuées au pas de charge durant le confinement, les équipes des deux fédérations travaillent aujourd’hui de concert sur les différents point d’un plan de relance. Le premier objectif : obtenir la dégressivité la plus lente possible du dispositif de chômage partiel pour soutenir les magasins dont l’activité ne reprendra que très progressivement.

Selon Jean-Charles Vogley, Secrétaire Général Fnaem et Fenacerem, les résultats des négociations avec le Ministère du Travail sont espérés pour la fin de cette semaine.

Le deuxième objectif est de soutenir la consommation de meubles et de gros électroménager. Les deux fédérations ont transmis à Bercy dès fin avril, conjointement avec l’Ameublement Français (qui fère les industriels), un projet de déblocage de l’épargne des PEL pour l’achat de meubles et gros électroménager neufs. « Le contexte est très favorable à cette demande (épargne élevée, pas de coût pour les finances publiques) des suggestions de mesures de soutien aux enseignes et magasins pour les mois qui suivront la réouverture et qui seront financièrement tendus pour beaucoup », estime Didier Baumgarten, Président de la Fnaem.

D’autres mesures de soutien à la demande sont en préparation technique pour transmission à Bercy dans les prochains jours. On y trouve le déblocage des Plan d’épargne entreprises, le relèvement des donations gratuites entre générations. Enfin, des mesures complémentaires de soutien à la trésorerie ont également déjà été demandées : annulation de la CFE pour les montants inférieurs à 3 000 euros annuels, abattement général au titre de la CFE de 30%, baisse du plafond de la CET à 2 %, réactivation du dispositif du carry back…

 

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