le 17 septembre 2026
, par Eric Shorjianhttps://www.linkedin.com/company/neomag/
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Quelques mois après l’arrivée de Katia Euzen à sa présidence, la Confédération Nationale de l’équipement du Foyer entend peser davantage dans les débats économiques qui touchent directement le commerce de l’équipement du foyer. Une ambition inscrite dans sa feuille de route 2026-2030, alors que l’organisation a renforcé son poids en réunissant notamment les univers du meuble, de la cuisine et de l’électroménager.
Ainsi, la Confédération a accueilli favorablement les dernières orientations gouvernementales en matière de fiscalité et de transmission des entreprises. La CNEF, qui représente désormais 70 enseignes, 7 500 magasins et 133 000 salariés dans le secteur marchand de l’Equipement du Foyer, y voit des leviers pour soutenir l’investissement et préparer le passage de relais dans un secteur composé à 85 % de TPE et PME.
Pour la CNEF, une surtaxe devrait rester exceptionnelle et ne pas devenir un prélèvement permanent...
Premier dossier : la fiscalité. La CNEF salue l’allègement de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, instaurée en 2025 et reconduite en 2026.
Son périmètre a toutefois été réduit : le seuil d’assujettissement est passé de 1 milliard à 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires. Il ne s’agit donc pas d’une baisse générale de l’impôt sur les sociétés, mais d’un recentrage de cette contribution exceptionnelle sur les entreprises les plus importantes.
Pour la CNEF, cette évolution constitue un premier signal en faveur de l’investissement et de la compétitivité. La Confédération demande néanmoins d’aller plus loin dans la réflexion sur le poids de la fiscalité des entreprises. Elle insiste surtout sur un point : cette surtaxe doit rester exceptionnelle et ne pas devenir un prélèvement permanent.
Equipement du foyer : 85 % des entreprises du secteur sont des TPE et PME, bien souvent familiales
L’autre chantier concerne la transmission. Un sujet qui prend de l’ampleur avec le vieillissement des dirigeants d’entreprise. Selon les estimations de Bercy, environ 500 000 entreprises pourraient être cédées au cours des dix prochaines années, avec quelque 3 millions d’emplois potentiellement concernés.
Le gouvernement a donc lancé au printemps 2026 le plan « Objectif Reprises », destiné à mieux préparer cédants et repreneurs, faciliter leur mise en relation et lever certains obstacles juridiques, fiscaux et financiers. Cette politique doit être prolongée par le « Pacte Papin », annoncé en septembre autour de la transmission et de la reprise des entreprises.
Pour l’équipement du foyer, le sujet est particulièrement sensible. La CNEF rappelle que 85 % des entreprises du secteur sont des TPE et PME. La capacité à trouver un repreneur devient donc un enjeu de pérennité pour les entreprises, mais aussi de maintien des emplois, des compétences et du maillage commercial dans les territoires.
Quann la préservation des conditions favorables à la transmission des entreprises familiales est essentielle...
Dans ce contexte, la Confédération insiste également sur le maintien du pacte Dutreil. Ce dispositif permet, sous certaines conditions, de bénéficier d’une exonération de 75 % de la valeur des titres transmis dans le cadre d’une transmission familiale d’entreprise.
La loi de finances pour 2026 en a toutefois resserré les règles, notamment en excluant du bénéfice de l’exonération certains actifs non exclusivement affectés à l’activité professionnelle et en allongeant la durée d’engagement individuel de conservation des titres de quatre à six ans.
Pour la CNEF, préserver des conditions favorables à la transmission est essentiel pour les nombreuses entreprises familiales et indépendantes qui structurent les réseaux de l’équipement du foyer. Elle met également en avant les solutions de reprise pouvant associer les salariés.
« Encourager l’investissement et faciliter la transmission, c’est d’abord donner aux entreprises les moyens de se projeter dans la durée », souligne Katia Euzen, présidente de la CNEF. Elle appelle à prolonger les orientations engagées afin que la fiscalité accompagne davantage les entreprises qui investissent, se développent et préparent leur transmission.
Au-delà de la fiscalité, cette prise de position traduit aussi la volonté de la nouvelle gouvernance de la CNEF de renforcer son rôle dans les affaires publiques. Après avoir consolidé sa représentativité, la Confédération entend désormais peser sur les dossiers économiques et réglementaires qui déterminent directement l’avenir des enseignes et entreprises de l’équipement du foyer.