Le Gifam a fait analyser 15 modèles de sèche-cheveux commercialisés par des vendeurs tiers sur les places de marché de six sites e-commerce français et étrangers. La campagne de tests a été confiée à LCIE Bureau Veritas, laboratoire indépendant. Son principal résultat est clair : les 15 sèche-cheveux testés présentent au moins une non-conformité à une norme de sécurité ou d’information applicable en France ou dans l’Union européenne. Selon les données communiquées par le Gifam, 100 % des modèles testés présentent au moins une non-conformité, près d’un quart connaissent des dysfonctionnements importants lors des tests de surchauffe et près des deux tiers sont dépourvus de certains marquages ou informations essentielles pour le consommateur. Enfin, 20 % affichent une puissance qui ne correspond pas aux performances mesurées.
L'échantillon reste limité à 15 références de sèche-cheveux à bas prix. Ses résultats ne permettent donc pas, à eux seuls, de mesurer le taux de non-conformité de l'ensemble des appareils vendus sur les marketplaces. Mais c’est néanmoins un signe assez inquiétant.
Marketplaces : le Gifam alerte sur les appareils électroménagers non conformes
Le Gifam alerte sur la vente de petit électroménager non conformes par des vendeurs tiers sur certaines marketplaces. Ainsi, sur 15 sèche-cheveux à bas prix analysés par le laboratoire indépendant LCIE Bureau Veritas, tous présentaient au moins une non-conformité à une norme de sécurité ou d’information. Le groupement demande notamment de renforcer la responsabilité des plateformes sous peine de se diriger vers une véritable industrialisation de la non-conformité. Des analyses sur d'autres catégories de produits électroménagers couramment utilisés par les Français sont prévues dans les prochains mois.
Qu’est-ce qu’un « vendeur fantôme » ?
Surtout que, dans l’échantillon étudié, un quart des appareils ne comportaient pas les informations permettant d’identifier leur fabricant. Ces produits ont été exclus d’office de la suite de l’analyse du laboratoire.
Pour désigner des vendeurs dont l’identification ne peut pas être établie à partir des informations figurant sur le produit, le Groupement des marques d’appareils pour la maison évoque des « acteurs fantômes ».
L’absence de plaque signalétique constitue un problème de traçabilité. Celle-ci, qui sert notamment à identifier le fabricant, le modèle et certaines caractéristiques électriques, est indispensable. Et elle devient essentielle lorsqu'un appareil doit faire l'objet d'un rappel. Alors que le phénomène prend une nouvelle dimension, Olivia Guernier, déléguée générale du Gifam, estime que « nous nous dirigeons vers une industrialisation de la non-conformité ».
Pourquoi cette situation pose-t-elle un problème aux marques d’électroménager ?
Au-delà de la sécurité des utilisateurs, le Gifam soulève aussi la question de la concurrence entre les acteurs respectant les obligations réglementaires et ceux qui s'en affranchissent.
Car les fabricants établis supportent des coûts liés à la conception, aux contrôles de sécurité, aux tests de performance, à la conformité réglementaire, aux obligations environnementales, à la traçabilité ou encore au SAV.
Le dossier du Gifam avance plusieurs chiffres pour illustrer ces investissements : 350 000 euros de coût moyen de développement d'un appareil, 24 000 heures de tests et 40 échantillons utilisés au cours du processus de développement. Le groupement indique également une durée de vie moyenne de 14 ans pour un sèche-cheveux d'une marque adhérente.
Pour les professionnels de l'électroménager et de la distribution, le sujet est donc double : la sécurité des produits mais aussi l'équité des conditions de concurrence entre circuits et vendeurs.
Que demande le Gifam aux marketplaces et aux pouvoirs publics ?
Afin de renforcer le contrôle des appareils vendus en ligne, le groupement formule cinq propositions. Tout d'abord, il souhaite d'abord que la mise en vente d'un appareil électroménager soit conditionnée à l'existence d'une personne responsable vérifiée et établie dans l'Union européenne.
Lorsque ni le vendeur tiers ni une personne responsable ne peuvent être identifiés, le groupement propose que la marketplace soit considérée comme « opérateur économique de dernier recours ». Elle devrait alors assumer certaines obligations d'un importateur, notamment en matière de conformité et de traçabilité.
Le Gifam demande également de renforcer les moyens de la DGCCRF, de créer un canal structuré de signalement des produits suspects et de reconnaître les tests réalisés par les fédérations professionnelles dans des laboratoires accrédités comme éléments de preuve dans les procédures de contrôle.
Enfin, le Gifam propose une contribution financière des marketplaces au financement de la surveillance du marché, calculée à partir des commissions perçues sur les revenus des vendeurs tiers, ainsi que des sanctions davantage proportionnées au volume de non-conformités constatées.
Quelles précautions prendre pour repérer un appareil potentiellement non conforme sur une marketplace ?
En ce qui concerne les consommateurs, le Gifam leur recommande de surveiller plusieurs signaux avant l'achat, tels queles descriptions approximatives, les mauvaises traductions, les informations incomplètes ou l’absence de renseignements sur le SAV, la garantie et les conditions de retour.
Après réception du produit, deux éléments sont particulièrement importants. D’une part, la présence d'une plaque signalétique permettant d'identifier et de tracer l'appareil, et de l’autre, une notice d'utilisation en français.
Le groupement annonce vouloir poursuivre ses analyses dans les prochains mois sur d'autres produits électroménagers couramment utilisés par les Français.


