Premier constat de cette enquête réalisé auprès de 1 323 acteurs de la filière (1) : le moral reste relativement fragile. Près d'un professionnel sur deux (49 %) estime que l'état général du secteur s'est dégradé au cours des six derniers mois. Dans le détail, 39 % jugent la situation « dégradée » et 10 % « très dégradée ». À l'inverse, seuls 15 % parlent d'un contexte favorable, tandis que 36 % considèrent que le marché est simplement stable. Les marques apparaissent comme les plus pessimistes : 52 % d'entre elles estiment que la conjoncture s'est détériorée. Ce résultat illustre un paradoxe désormais classique : le sentiment économique reste négatif, alors même que les indicateurs d'activité résistent.
Une activité qui se stabilise après des années de turbulences
Sur le plan commercial, la photographie apparaît finalement plus rassurante. 44 % des entreprises interrogées indiquent avoir réalisé un chiffre d'affaires stable sur les six derniers mois, soit une progression de cinq points par rapport au précédent baromètre. 38 % enregistrent une baisse de leur activité tandis que 18 % seulement déclarent une progression.
Autrement dit, la forte croissance observée chez certains acteurs après la période Covid s'essouffle, laissant place à un marché plus mature où la stabilité devient la norme. Cette prudence se retrouve également dans les perspectives : 51 % anticipent un chiffre d'affaires stable sur les six prochains mois, 29 % restent optimistes, 20 % envisagent une dégradation. L'optimisme existe donc toujours, mais il devient beaucoup plus mesuré qu'en 2025.
Des distributeurs qui réduisent leurs commandes
Pour les fabricants, cette donnée mérite une attention particulière. Interrogés sur leurs intentions d'achat auprès des fournisseurs, les distributeurs annoncent une politique d'approvisionnement beaucoup plus prudente. Près de la moitié (48 %) prévoit de réduire le volume de commandes dans les prochains mois. 42 % envisagent de maintenir leurs achats à un niveau identique. Seuls 10 % pensent augmenter leurs commandes. Cette évolution traduit une volonté claire de limiter les risques financiers, d'éviter les surstocks et d'adapter plus finement les assortiments aux évolutions de la demande.
La France plus prudente que l'international
Le baromètre met également en évidence un fossé croissant entre les répondants français et internationaux. Chez les distributeurs 65 % des professionnels internationaux considèrent le marché stable ou favorable contre seulement 41 % en France. Même constat concernant les perspectives de chiffre d’affaires. 88 % des répondants internationaux anticipent une activité stable ou en progression contre 67 % des répondants français. Cette différence de perception se retrouve également chez les architectes, les prescripteurs et les marques. Le marché français apparaît ainsi comme l'un des plus prudents d'Europe.
Les stocks restent sous contrôle
Autre indicateur intéressant : la gestion des stocks. 57 % des distributeurs considèrent aujourd'hui leur niveau de stock comme normal. 28 % jugent leurs stocks élevés. 15 % les estiment faibles. La situation française demeure toutefois un peu plus chargée que celle observée à l’international. 33 % de stocks élevés en France contre 21 % dans les autres pays. Pour les fabricants également, la situation apparaît saine. 61 % déclarent disposer d'un niveau de stock normal, contre seulement 20 % de stocks élevés.
Les nouveautés continuent d'alimenter le marché
Malgré la prudence économique, les distributeurs poursuivent le renouvellement de leurs assortiments. Ils ont référencé en moyenne quatre nouvelles marques au cours des six derniers mois. Les distributeurs internationaux apparaissent légèrement plus dynamiques (4,8 nouvelles marques contre 3,8 en France).
Surtout, les fabricants ne ralentissent pas leurs investissements. 89 % des marques prévoient de lancer de nouveaux produits au cours des six prochains mois. Un niveau qui confirme que l'innovation demeure le principal levier de différenciation du secteur.
Cadeaux, bien-être et mode tirent la croissance
Les catégories les plus dynamiques reflètent parfaitement les nouvelles attentes des consommateurs. Les distributeurs identifient comme segments les plus performants : les cadeaux (29 % évoquent une hausse des ventes), les fragrances et le bien-être (28 %), la mode (26 %). Ces résultats traduisent une consommation davantage tournée vers le plaisir, l'expérience et les achats émotionnels.
Les espaces de demain privilégieront le bien-être
Les architectes et prescripteurs dessinent également les grandes tendances des futurs espaces de vie. Les priorités seront le bien-être et l'expérience sensorielle (38 %), la modularité et la flexibilité (36 %), l'esthétique personnalisée (33 %), la durabilité (31 %). Les logements devenant touojurs plus hybrides, à la fois espace de vie et de travail et, en même temps, lieux de détente et de ressourcement.
(1) Questionnaire en ligne administré en avril 2026 auprès de 1 323 répondants. Distributeurs : détaillants, boutiques indépendantes, chaînes et grands magasins, e-commerce, grossistes,bureaux dʼachats... Prescripteurs : Architectes dʼintérieur, architectes, promoteurs immobiliers, paysagistes... Marques : fabricants, designer, éditeurs de produits de décoration, design ou dʼart de vivre.


