On connaît surtout l’entreprise chinoise Midea pour son activité de fabricant d’OEM, qu’elle va d’ailleurs poursuivre. Mais elle a fait le choix de commercialiser aussi des équipements sous sa propre marque et d’investir le marché français. Celle-ci va donc cohabiter avec la marque Teka, récemment rachetée. Céline Gandriau, Directrice commerciale Midea France, nous explique la stratégie : « de deux sociétés n’en faire plus qu’une tout en conservant les deux marques Teka et Midea, avec des positionnements cohérents et complémentaires ». Comparativement, Teka, plus haut de gamme, se destine à des consommateurs plus avertis et exigeants. Midea s’adresse à une clientèle plus jeune, au budget moins élevé, mais qui recherche un peu de fonctionnalités tout de même. Car bien qu’ils soient abordables, les produits de la marque ne se positionnent pas en entrée de gamme, frontalement face aux MDD. Pour servir ses objectifs, Midea est en train de développer une structure en France, à la tête de laquelle Patrick Fabre a été nommé Directeur Général Midea France et Benelux. L’équipe compte actuellement une quinzaine de personnes. Le groupe, qui dispose depuis peu d’un showroom à Paris, envisage en outre de rapatrier le stock de Teka en France, à Lyon, comme les produits Midea. C’est prévu dans le courant du premier trimestre 2026.
Comment Midea compte s’immiscer sur le marché français de l’électroménager
En 2026, l’activité de Midea s’annonce riche. Tout d’abord, ce fabricant historique d’OEM se lance sur le marché de l’électroménager avec sa propre marque. Ensuite, après avoir récemment racheté Teka, le groupe repositionne les deux marques de façon claire, à travers quelques innovations phares qui se distinguent de la concurrence tantôt par leurs fonctionnalités astucieuses, tantôt par leur design. Le groupe a notamment profité du salon Esprit Meuble pour faire connaître sa stratégie et ses ambitions.
Midea : surtout de la pose libre mais des vues sur l’intégrable
Teka est présent en France depuis environ 5 ans. Et dans le cas de Midea, c’est encore plus récent. La présence de l'entreprise au salon Esprit Meuble avait donc pour objectif de faire connaître aux distributeurs les deux marques, leur positionnement ainsi que leurs nouveautés. D’ailleurs, comme nous l’a justement fait remarquer Céline Gandriau, Midea exposait principalement des produits pose libre, ce qui peut surprendre lors d’un événement plutôt destiné aux cuisinistes. L’idée était d'expliquer la philosophie de la marque – et également de faire passer un message : elle a l’ambition de développer de l’électroménager intégrable dans un futur proche. Celle-ci disposant d’un catalogue très étoffé, impossible de tout montrer sur le stand. Les produits exposés ont été choisis avec soin pour leurs particularités supposées refléter l'esprit de Midea.
En froid, divers formats pour répondre à la demande et des idées astucieuses
Dans le domaine du froid, l’une des innovations phares concerne la pose libre. Il s’agit d’un réfrigérateur combiné de 60 cm, dont l’isolation a été optimisée de manière à gagner en capacité de stockage (comme le font également certains concurrents). Le modèle de 2 m de haut parvient à offrir une intéressante capacité de 443 L, mais « sans sacrifier l’autonomie » nous précise-t-on. C’est surtout à l’intérieur que résident les particularités, Midea ayant travaillé sur la modularité. L’appareil dispose en effet de clayettes rétractables et de balconnets mobiles qui peuvent monter et descendre le long de la porte, y compris lorsqu’ils sont chargés. Ce modèle est commercialisé à moins de 1000 euros – un tarif certes attrayant mais pas en concurrence avec la MDD ou l’entrée de gamme comme nous le fait justement remarquer Céline Gandriau.
Sur le stand, on pouvait aussi voir un french door enchâssable de 90 cm de large, qui se distingue par un compartiment proposant une fonction d’ionisation. Le but est d’éliminer les germes et bactéries soit au retour des courses, soit avant de consommer les aliments. Le processus d’ionisation dure 3 minutes. Si on ne souhaite pas l’utiliser ou pas de manière systématique, ce bac se comporte comme n’importe quel autre compartiment de stockage. Pour l’instant, de telles tendances de conservation sont plutôt demandées en Asie, mais Midea souhaiterait les pousser sur le marché français. L’appareil en question est aussi pourvu d’un bac permettant de réfrigérer les aliments fragiles à une vitesse accélérée (grâce à une plaque en inox réfrigérée). Ce modèle existe également dans une version moins large de 75 cm, mais dépourvue de ces deux fonctions (qui portent les noms d’IPL Purify et V-tech fresh) – d’où le choix de Midea d’exposer le modèle de grande largeur qui devrait être vendu entre 1500 et 1600 euros (tandis que celui de 75 cm sera proposé à moins de 1000 euros). Ces grands appareils de froid affichent pour l’instant une classe E mais Midea travaille déjà à améliorer ce point. D’ailleurs, sur son stand, la marque exposait aussi un réfrigérateur side by side en classe A ; il fait partie des premiers du marché à atteindre la meilleure classe énergétique.
Aux côtés des modèles pose libre et enchâssables, Midea dévoilait aussi un combiné encastrable de 70 cm de large, le type de produit qu’il est important d’avoir en gamme car comme le souligne Céline Gandriau, « c’est l’un des rares segments dynamiques chez les cuisinistes, avec les tables de cuisson aspirantes ». Ce modèle Total No Frost avec fonction Metal Cooling et affichant un niveau sonore réduit (29 dB) est annoncé à 1599 euros.
Pour finir, nous avons pu découvrir un prototype un peu atypique de combiné de 60 cm présenté comme mariant le meilleur des deux mondes de l’enchâssable et de l’intégrable. Il s’agit en effet du châssis d’un appareil enchâssable sur la porte duquel on peut accrocher des panneaux comme sur un réfrigérateur intégrable : on ne rogne donc ni sur la capacité ni sur l’esthétique. Midea parle de « slot in build in » qu’on pourrait traduire par « enchâssable intégrable ». Un tel appareil pourrait arriver sur le marché fin 2026.
En cuisson, Midea mise sur le rapport équipements/prix
Midea avait choisi de présenter plusieurs références de fours encastrables de formats divers, le but étant de montrer sa capacité à implémenter des fonctions assez poussées : sonde de cuisson, rails télescopiques, écran tactile... Sans toutefois embarquer certaines caractéristiques participant au confort comme la porte à fermeture douce. Midea exposait aussi des références de 45 cm, depuis les micro-ondes intégrés monofonction jusqu’aux modèles combinés (Céline Gandriau en a profité pour nous glisser que le groupe fabrique une bonne partie des micro-ondes encastrables du marché – près de 70%).
Découverte aussi de tables de cuisson, que Midea décline dans tous les formats et dimensions, depuis le domino jusqu’aux tables ventilées. Parmi les produits phares du moment, on peut admirer une table de cuisson aspirante que Midea présente comme la plus puissante du marché en mode booster (703 m3). Son niveau sonore maîtrisé (65 dB) fait aussi partie des caractéristiques mises en avant. Elle est fournie avec un kit d’installation de la sortie d’air (par l’avant ou sur les côtés). Dans sa version de 60 cm, elle est vendue à moins de 1000 euros.
Le fabricant est également présent dans l’univers des hottes. Lors du salon, il avait choisi d’exposer un modèle qui se pilote à l’aide de commandes gestuelles. À propos de cette famille de produits, précisons que toutes les hottes de Midea sont vendues avec le kit nécessaire pour une installation en recyclage, parfois optionnel chez certains fabricants. Le cuisiniste n’a donc pas à se poser de question puisque tout est fourni.
Teka fait tourner les têtes avec sa collection Van Gogh
Sur Esprit Meuble, Teka a voulu « marquer le coup » en sortant ses produits flagship nous explique-t-on et c’est réussi car les réfrigérateurs table top décorés des fameux tournesols de Vincent Van Gogh ne passent pas inaperçus ! En réalité, si ces deux appareils attirent tous les regards, ils font partie d’une collection complète Van Gogh Special Edition (déjà présentée à l’IFA) que Teka a choisi de mettre en avant pour des raisons évidentes.
Outre les table top, la gamme comporte une table de cuisson, un four, un micro-ondes, une hotte et un réfrigérateur combiné qu’on imagine naturellement plus sobres. Point de revêtement jaune ici mais tous arborent un pictogramme spécifique rappelant qu’ils font partie de cette série spéciale. Il ne s’agit pas d’une édition limitée, toutefois, ces appareils ne seront pas diffusés partout. Au moment du salon, le choix du réseau de diffusion n’était pas encore acté.
Le four est une déclinaison d’un modèle de la gamme premium Maestro, notamment doté de rails télescopiques, d’une généreuse cavité et d’une fonction d’injection de vapeur EasySteam. Quant au micro-ondes assorti, il sort de l’usine de la marque au Portugal - Teka saisissant l’occasion pour rappeler que c’est l’un des derniers industriels à fabriquer des micro-ondes en Europe. Le fabricant expose également une table de cuisson de 90 cm embarquant des fonctions préprogrammées pilotées grâce à des capteurs intégrés sous le verre (la marque parle de « modes chef »). La gamme est complétée par une hotte de 90 cm et un combiné Total No Frost enchâssable à l’esthétique accordée. Au moment du salon, les tarifs n’étaient pas encore définitifs mais le réfrigérateur devrait être proposé à un peu plus de 1000, de même que la table de cuisson, tandis que le four pourrait être commercialisé entre 900 et 1000 euros et 700 euros pour le micro-ondes encastrable.
Aux côtés de ces équipements premium, Teka présentait aussi d’autres séries plus abordables, en particulier en cuisson. Outre la collection Maestro en sommet de gamme (dont l’édition Van Gogh est une déclinaison), on trouve une série Total en cœur de gamme et Easy en entrée de gamme. Teka vient justement d’opérer une refonte de sa gamme de fours Total, qui arbore des lignes plus contemporaines. La marque parle de « signature bijou », qu’on retrouve sans surprise sur d’autres familles de produits (comme les lave-vaisselle ou le froid pose libre). Les fours encastrables sont présentés en noir ainsi qu’avec un bandeau en inox et également dans une version « Urban Color », entièrement blanche, qui répond à certaines demandes. Teka nous a précisé ne pas proposer de catalyse sur ses fours, ni même de pyrolyse seule. Les premiers prix disposent d’un programme de nettoyage par hydrolyse et en montant en gamme, on trouve toujours deux modes de nettoyage, à la fois de l’hydrolyse et de la pyrolyse. L'entretien se veut facilité aussi grâce à un accès simplifié aux deux vitres de la façade.


