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Barbara Belvisi

Co-fondatrice Hardware Club

« Aider une nouvelle génération de start-ups ambitieuses à devenir les géants de l’électronique grand public de demain »

Fondé en 2014, Hardware Club est la première structure d’accompagnement mondiale dédiée aux start-ups hardware. Son rôle : accompagner des entrepreneurs à fort potentiel dans leur développement, en mettant à leur disposition plusieurs ressources. Un accompagnement qui passe par la production et le financement, jusqu’à la mise en relation avec la distribution. Barbara Belvisi, Co-fondatrice nous explique le rôle et les actions menées par le Club.

 

Propos recueillis par Sandra Nicoletti

 

 

Neomag : Hardware Club, dont vous êtes l’une des co-fondatrices, a été créé il y a un peu plus d’un an. Pouvez-vous nous présenter la société ?

Barbara Belvisi : Hardware Club est une association française dont la mission est de créer la plus grosse communauté de sociétés hardware dans le monde et de les accompagner dans leur développement. Aujourd’hui, nous avons sélectionné près de 100 sociétés dans 20 pays, avec notamment des entreprises en ultra croissance comme Misfit, Thync, Narrative, ou encore Roli. Nous disposons de trois bureaux, dont un à Paris où sont réunis les co-fondateurs et les associés, un « venture partner » à Taipei pour la partie production et un bureau à San Francisco qui gère le marketing pour les start-ups qui veulent se développer aux Etats-Unis. Et, il y a  quelques semaines, Pascal Cagni –qui a dirigé Apple en Europe pendant 12 ans- nous a rejoints au poste de Chairman.

 

Neomag : Quels sont les objectifs de cette association ?

Barbara Belvisi : Hardware Club a été fondé pour aider une nouvelle génération de start-ups ambitieuses, à devenir les géants de l’électronique grand public de demain. Il est aujourd’hui difficile pour les distributeurs d’identifier les start-ups qui présentent un fort potentiel de développement. Il est de notre ressort de les dénicher et de les aider à surmonter les défis liés au passage à la taille critique dans le secteur de l’électronique, notamment à travers la mise à disposition de nombreuses ressources et partenariats. Dans l’industrie du hardware encore plus qu’ailleurs, la rapidité est essentielle. Or, le problème est que beaucoup de start-ups perdent des mois à chercher le bon partenaire industriel, le bon distributeur, ou à rassembler des investisseurs. Le Club a été conçu pour apporter une solution à ce problème, avec l’objectif de faciliter la production à grande échelle, l’accès à un réseau de distribution mondial et l’accès au financement.

 

« Nous accompagnons les start-ups dans la distribution, la production et le financement »

 

Neomag : De quelle manière les accompagnez-vous ?

Barbara Belvisi : Nous les accompagnons sur trois points particuliers que sont la distribution, la production et le financement. Pour apporter toutes ces ressources aux start-ups sélectionnées, nous avons mis en place des partenariats stratégiques avec des acteurs importants sur le secteur. Cela passe par les plus grands fabricants mondiaux d’électronique comme Intel, Foxconn, Jabil ou Quanta Computer, ainsi que les plus grandes chaînes de distribution que sont Amazon, Target ou Media Saturn et des retailers plus petits, un peu partout dans le monde. Pour la partie financement, nous avons un bras armé qui investit dans certaines des entreprises, principalement au stade d’amorçages, et cela peut parfois monter jusqu’au premier taux d’investissement.

 

« Notre rôle est d’accompagner et d’aiguiller la start-up vers le bon interlocuteur »

 

Neomag : Quelles sont les actions que vous menez avec la distribution ?

Barbara Belvisi : Nous travaillons avec des entrepreneurs aux profils très variés et qui sont dans des phases différentes en termes de distribution. Hardware Club adapte ses actions en fonction des attentes et des besoins. Pour les acteurs les plus jeunes, qui souvent sortent de crowdfunding, de pre-order ou de plates-formes, il faut leur apporter un maximum de soutien pour les aider à passer du stade où ils vont vendre quelques produits en ligne, pour se diriger vers une phase de développement plus importante, que ce soit sur d’autres sites de e-commerce, soit directement en retail. Dans ce cas, il y a toute une phase d’apprentissage et le rôle du Hardware Club est de les accompagner et des aiguiller vers le bon interlocuteur grâce aux nombreux partenariats que nous avons mis en place. Pour les acteurs plus mûrs, qui vendent déjà leurs produits un peu partout dans le monde et qui souhaitent s’étendre sur d’autres produits, notre action consiste à identifier les bons distributeurs sur leur zone et à les mettre en relation.

 

Neomag : Comment vous positionnez-vous par rapport au projet d’Innov8 qui a mis en place une market place de mise en relation des start-ups avec la distribution ?

Barbara Belvisi : Innov8 n’est pas un concurrent, mais un acteur avec lequel nous avons noué un partenariat. Mais toutes les start-ups n’ont pas vocation à passer par Innov8, cela va dépendre des produits et des ambitions de chacune. Nous sommes totalement agnostiques dans notre approche et nous allons plutôt chercher à recenser l’intégralité des acteurs et à faire de la mise en relation et ce, de manière gratuite. Chaque membre bénéficie d’un accès gratuit à un ensemble de ressources dédiées et nous ne prenons pas de commission d’apporteur d’affaires. Innov8 a travaillé sur un business model de marché différent du nôtre, fondé sur une véritable place de marché, là où nous nous inscrivons comme un « facilitateur » qui pousse les start-ups à entrer en contact quand elles le souhaitent. Cela peut se faire via Innov8, ou en direct comme nous le proposons par exemple avec Amazon pour ne citer qu’eux.

 

Neomag : Justement, Amazon, mais aussi des enseignes comme Darty ou encore Fnac utilisent également la market place. Entrez-vous en contact avec leurs places de marché ?

Barbara Belvisi : Le Club est en contact direct avec les enseignes, mais pas avec les places de marché. Notre partenariat avec la distribution se concentre sur la mise en relation.

 

« Nous sommes une sorte de tampon entre la start-up et le retailer »

 

Neomag : Les acheteurs ont souvent peur de la jeunesse de ces start-ups et du risque d’échec potentiel. Que pouvez-vous leur dire pour les rassurer ?

Barbara Belvisi : Comme je l’expliquais auparavant, il est difficile pour un distributeur d’identifier les start-ups qui présentent un fort potentiel et c’est la raison pour laquelle est né Hardware Club. Nous nous sommes aperçus qu’il y avait un réel besoin à ce niveau là. Nous sommes sur des métiers différents et le rôle des distributeurs n’est pas de sélectionner les marques qui marcheront ou non, mais de les vendre au mieux. Hardware Club se positionne comme une sorte de tampon entre la start-up et le retailer et cet aspect rassure nos partenaires distributeurs. Aujourd’hui, le Club réunit des start-ups qui fleurissent au niveau mondial et nous avons sélectionné noué des partenariats avec près de 25 acteurs de la distribution, ce qui nous permet d’apporter une véritable crédibilité à notre action. 

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