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Chez Conforama, la patience est à But mais une issue, positive, est en vue

Un front syndical qui se fissure, des consommateurs en perte de confiance, des fournisseurs inquiets et des salariés dans le désarroi… La crise que connaît actuellement Conforama doit de toute urgence trouver une issue car chaque jour qui passe sans réponse accentue le déficit financier. Et pour le repreneur éventuel, c’est aussi un déficit d’image qui risque de se creuser, comme le démontrent les réactions des clients visibles sur les réseaux sociaux et dans la presse régionale.

 

Par Philippe Michel

 

Mise à jour 17 juin 2020

La réunion entre les syndicats de Conforama et les représentants de Mobilux (But), qui s'est déroulée dans la matinée du 17 juin 2020, semble acter le rachat prochain par Mobilux de Conforama. C'est ce que confirme le syndicat FO sur sa page Facebook titrant : "Conforama Mobilux, le projet de cession quasiment finalisé". Le syndicat estime une signature probable du projet final fin juin et une transaction définitive fin aôut, début septembre. FO précise que l'emplo sera maintenu, hors PSE, et que seule la centrale d'achat SISL n'est pas "incluse dans le projet". Cette acquisition devrait permettre le déblocage d'un PGE, auxquels s'ajouteraient 200 millions d'euros injectés par Mobilux pour péreniser l'enseigne.

 

 

 

 

A la mi-mai, les syndicats de Conforama lançaient une vaste offensive médiatique afin d’accélérer le déblocage du PGE (Prêt Garanti par l’Etat). Réunis en intersyndicale, leur objectif était donc d’obtenir un financement rapide pour reprendre l’activité et laisser à l’enseigne son destin en main. Depuis, l’option PGE est devenue improbable et l’acquisition par But quasi certaine selon de nombreuses sources. Dans ce cas, But assumerait à la fois les dettes fournisseurs et la prise en charge du PSE (plan de sauvegarde de l’emploi). Dans ses notes écrites le 5 juin suite à un rendez-vous à Bercy, Mohammed Chadli, délégué syndical central CFE/CGC écrit : « les négociations avec Mobilux (But NDLR) s’accélèrent et tout sera fait pour un accord dans les prochains jours » Ce 12 juin a eu lieu une réunion du CSCE (Comité Social Economique Central) en présence de représentants de Mobilux.  Selon le syndicat FO, qui a fait un résumé de la rencontre , rien n'est acté mais l'offre de reprise est jugée "non engageante mais très sérieuse". Si cession il y a, un PGE pourrait même être accordé. Toujours selon FO, qui annonce une autre réunion le 17 juin, une offre ferme pourrait être communiquée le 23 juin.

 

Discorde au sein des syndicats

Dans le même temps, la CFDT redoute dans l’hypothèse d’un redressement judiciaire la mise en place d’un nouveau PSE qui verrait la fermeture de 10 magasins et la suppression de 1000 emplois. Voici ce que la CFDT écrit le 4 juin : « Conforama cache un plan que les syndicats FO, CGT et CGC n’osent pas révéler. La CFDT le fait : Dans le cas où Conforama n’obtiendrait pas le prêt garanti par l’État (PGE) ou ne conclurait pas la cession aux actionnaires de But, le PDG Marc Tenart pourrait présenter au tribunal de commerce un plan de continuation qui prévoit un nouveau plan de licenciement d’environ 1 000 salariés avec la fermeture de 10 nouveaux magasins… »

La CFDT, qui n’apparaît plus dans l’intersyndicale, indiquait également le 3 juin sur sa page Facebook : « les  équipes CFDT font l’objet de menaces, d’insultes, de calomnies, de pressions de la part d’organisations syndicales et de certains individus." 

 

 

 

Les plaintes des consommateurs et le désarroi des salariés

En attendant le résultat en haut lieu des tractations, la situation sur le terrain devient chaque jour plus compliquée. Pour les salariés, ceux qui sont concernés par le PSE aimeraient que celui-ci se fasse pour pouvoir tourner la page. Et ceux qui sont encore en poste aimeraient être certains que leur magasin ne sera pas concerné par un autre PSE, et pouvoir répondre sereinement aux inquiétudes des consommateurs. Car si des clients de Conforama font preuve de patience et de solidarité, une grande partie d’entre eux n’hésitent pas à exprimer leur mécontentement pour des livraisons en attente ou un SAV absent.

Et cela se voit dans la presse régionale qui écrit sur le sujet comme l’indépendant qui donne la parole aux clients dans la région de Perpignan. Dans la Voix du Nord, on titre pour le magasin de Cambrai : « Conforama rouvre ses portes mais la situation est précaire ».

Quant à la page Facebook de l’enseigne, qui diffuse des messages rassurants et de soutien aux équipes, des commentaires négatifs commencent à apparaître. Et, fait significatif, le nombre de commentaires masqués ou supprimés par le community manager commence à se voir. Sur une publication literie, sur les 80 commentaires mentionnés par Facebook, aucun n’est visible. Signe que les messages ne sont pas positifs pour l’enseigne.

A l’heure où nous publions, aucune information certifiée n’est diffusée. Mais ce qui est sûr, c’est ce que la réponse doit être rapide…

 

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