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E-commerce

Cdiscount : un grand bazar à un milliard d'euros

Un milliard d’euros… Tel est le chiffre d’affaires annoncé par le groupe Casino pour sa filiale de vente en ligne Cdiscount en 2009. Un montant jamais atteint par un pure player qui a, depuis sa création en 1998, bâti sa progression sur l’agressivité, tant en terme de prix que de communication. Cdiscount est le symbole d’un modèle économique basé sur l’hyperchoix mais qui ne représente pas la seule solution pour faire de l’e-commerce gagnant…


Qui n’a pas, en ouvrant un site internet, eu les oreilles vrillées par une publicité Cdiscount vantant les prix les plus bas ? Qui n’a pas eu un ami déclarant fièrement avoir eu un DVD à deux euros sur Cdiscount ? Et aujourd’hui, ne trouve-t-on pas des Blu-Ray à 2,99 euros sur le site ? On l’aura compris, Cdiscount s’est bâti une réputation entièrement fondée sur le prix le plus bas. Et qu’importe qu’à ses débuts, le site ait été le plus montré du doigt et assigné pour ses défauts de services. L’essentiel était d’occuper le terrain en communiquant sans cesse et en cassent les prix, le reste suivrait. Un reste qui d’ailleurs semble aujourd’hui l’une des préoccupations de la société. Elle affiche ainsi fièrement sa première place dans un sondage Ifop, fin 2009, les plaçant au premier rang de la qualité de service pour l’électroménager et l’électronique grand public. Cdiscount a aussi créé un espace communautaire, la fourmilière , où l’actualité du site est mise en ligne et où de gentils modérateurs répondent à toutes les angoisses des clients du cybersite.

10 millions d’euros en un jour de soldes
Avec 100 000 références, plus de 8 millions de clients, Cdiscount a atteint le milliard d’euros de chiffre d’affaires. A titre d’exemple, c’est trois fois plus que le plus grand hypermarché de France (307 millions d’euros pour le auchan de Velizy) et sept fois le CA moyen des hypermarchés Auchan ( 142 millions d’euros). Et pour un jour de soldes, c’est dix millions d’euros qui ont été réalisés sur le seul jour du 6 janvier. Quant à la rentabilité, c’est une autre affaire, inconnue d’ailleurs puisque le site ne communique pas sur ce point. Il faut dire que les marges ne sont pas énormes. Et que l’investissement en logistique et dans les points relais ( 80 en 2009) constitue une part non négligeable dans les investissements.

Une immense foire
On voit de tout sur Cdiscount. En dehors des familles que l’on trouve dans tout hypermarché, le site vend également des voitures neuves, de la voyance par téléphone… Et leur page d’accueil est le plus bel exemple de foutoir jamais vu sur le web. Le site donne l’impression d’être un immense marché, où les bannières les plus criardes remplacent les hurlements des camelots. L’information vue dans les guides d’achats se résume à une addition de banalités, entrecoupées de promotions. On fouille plus qu’on ne cherche. Mais avec 150 euros annuels de panier moyen, on voit bien que Cdiscount est plus dans le volume que dans la valeur. Et pour les spécialistes qui verraient en Cdiscount un sérieux concurrent, on serait tenté de dire que ce serait Fauchon qui aurait peur de Lidl. Les acheteurs de Cdiscount ne sont certainement pas les plus gros consommateurs de services mais plutôt des accros du prix le plus bas. Ils se laissent séduire notamment par les différentiels affichés par le site. Des différéntiels souvent gonflés vers le haut (pour le prix moyen du produit) et vers le bas (pour le prix affiché qui ne tient pas compte des frais de livraison).
Alors si Cdiscount a battu un record, ce n’est pas celui de la modernité ni de la clarté. Et à l’heure où le consommateur devient plus responsable, il n’est pas prouvé que le modèle économique affiché par Cdiscount soit amené à être reproduit, voire même pérenne…

 

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