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Lionel Debruyne

CEO de Siyour et Concierge

« C'est en magasin que les objets connectés se vendent le mieux »

C’est au siège de la société, à Seclin (59), que nous avons rencontré Lionel Debruyne, CEO et fondateur des sociétés Concierge et Siyour. Cet entrepreneur quadragénaire est un fervent adepte de l’IOT et de la maison connectée. Il est aussi à la fois à la tête d’une PME, Siyour, et d’une start-up, Concierge. Quel est son parcours ? Quel regard porte-t-il sur la distribution des objets connectés en France ? Quelle est la genèse de Concierge ? Entretien avec un spécialiste de la distribution, geek et fervent défenseur des vendeurs et de la distribution physique.

 

Propos recueillis par Philippe Michel

 

Neomag : Vous allez en cette fin d’année livrer vos premiers exemplaires du Concierge. Mais tout a commencé pour vous avec la cheville...

Lionel Debruyne - Mon père a en effet fondé une société spécialisée dans la fabrication de chevilles, vendues sous la marque Scell-it. J’en ai été le directeur marketing pendant une dizaine d’années et c’est là que j’ai commencé mes relations avec les grandes surfaces de bricolage. Je trouvais simplement dommage qu’en étant du Nord, nous ne vendions pas à Castorama et Leroy-Merlin. Et j’ai développé les ventes aux GSB d’abord via une filiale qui s’appelait scell-it yourself, qui est ensuite devenue en 2012 la société de distribution Siyour, aujourd’hui indépendante et que je dirige.

 

Quelle est l’identité de Siyour aujourd’hui ? Quels produits proposez-vous ?

Nous distribuons toujours les produits scell-it, que mon frère dirige, et qui représentent encore la moitié de notre chiffre d’affaires, qui est de 10 millions d’euros. Notre identité est simple. C’est celle qui consiste à apporter de l’innovation aux GSB. Nous avons donc une offre très large en objets connectés et en produits innovants. Pour cela nous nous appuyons sur nos forces de vente, indispensables lorsqu’on s’adresse à ce type de distribution.

 

Quels sont les rapports entre l’IOT et les GSB ?

Il se vend aujourd’hui plus de thermostats connectés en GSB qu’à la Fnac ou en GSS. Les netcams aussi y ont de beaux succès. Il faut comprendre que la maison connectée était déjà  présente dans les GSB, qui étaient les premiers vendeurs d’alarmes et de portails automatiques. C’était déjà de la connexion. Alors c’est tout naturel que  le smart home ait sa place, et son avenir, dans les GSB.

De plus, Je suis un convaincu de la distribution physique. La relation humaine reste fondamentale. Et encore plus dans la technologie. Je trouve le e-commerce génial pour les geeks, ceux qui s’y connaissent. Mais si on veut toucher monsieur et madame tout le monde, les convaincre de passer au thermostat ou à la lumière connectés, le vendeur est essentiel  de nos jours.  La promesse des objets connectés, c’est « on va vous simplifier la vie ». Mais il est essentiel d’expliquer comment, et prendre son temps.

 

Votre seconde entreprise est plus récente. C’est même une start-up. Elle s’appelle Concierge, et vend ce que vous définissez comme "un bouton connecté et intelligent, qui d’une simple pression, donne une conscience à notre maison". Un produit est fabriqué à Béthune (62) et dont les 2 000 premiers exemplaires sont prêts à être livrés. Mais comment est né Concierge ?

Tout commence par une boîte aux lettres en plastique, à monter. J’ai trouvé l’idée intéressante, facile à vendre et à transporter, qui ne rouillait pas. Je suis donc allé voir les créateurs à Oyonax, dans la célèbre Plastics Valley, pour vendre  sous la marque Signée cette boîte qu’on pouvait personnaliser en changeant les portes. Etant un peu geek et attentif à l’émergence des objets connectés, j’ai voulu rendre cette boîte connectée elle aussi,  pour l’ouvrir à distance par exemple et permettre au livreur de déposer le colis.

Je suis entré en contact avec Netatmo à l’été 2013 pour qu’ils m’aident  à concevoir la connectivité. Son Président Fred Potter  me dit alors que ce n’est pas son domaine mais qu’il va sortir un thermostat connecté designé par Philippe Starck. Et il me dit : « est-ce que ça t’intéresse de le vendre en grande surface de bricolage ?" J’avais les forces de ventes, et j’ai dit oui. Puis je rencontre Parrot et je distribue le Flower Power dans les GSB. J’avais deux objets connectés à proposer aux GSB pour ce Noël 2013 et celles-ci ont joué le jeu en les commercialisant .

 

Concierge, le majordome connecté

 

Concierge a été récompensé aux Grand Prix de l’Innovation de la Foire d’Automne de Paris. Il s’agit d’un concept évolutif et intelligent, permettant de fermer ses volets automatiquement en cas d’orage, d’enclencher l’alarme, d’appeler une voiture Uber… Ses possibilités sont infinies. 

 

Nous sommes en 2013, vous venez d’ajouter l’IOT à l’offre de Siyour mais Concierge n’est toujours pas là ? En tout cas pas sous sa forme actuelle.

Ma boite à lettres devenue plus grande et boîte à colis est toujours dans mon esprit et je lui donne le nom de concierge.  Mais en 2014, je décide d’internaliser la R & D en recrutant un directeur technique pour qu’il constitue une équipe et rende enfin Concierge connecté. Dans le même temps, je demande à ma femme ce qu’évoque pour elle le mot Concierge et elle me répond : une sonnette de comptoir. Et de là vient le design de Concierge aujourd’hui. Un bouton qui à l’origine devait être un simple hub de transmission de ma boîte aux lettres. Et qui finalement est devenu l’élément central, la pièce essentielle du concept Concierge.

 

Comment va être distribué Concierge ?

Nous allons essayer d’être un peu sélectifs. Mais avec Concierge, je vais aussi distribuer dans le circuit des GSS.  Je réfléchis également à la possibilité de proposer des packs avec Concierge et un objet connecté, comme un détecteur de fumée ou une caméra. Nous avons aussi le marché de l’immobilier où Concierge peut intéresser les promoteurs et les architectes.

 

 

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