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Christian Crolle

Directeur de la Division EGP chez Yamaha

« Nous raisonnons comme des agriculteurs. Yamaha n’est pas là pour faire de grands coups d’éclat, mais pour travailler sur le long terme »

Yamaha Music est une puissante société qui évolue dans l’univers musical au sens le plus large qui soit. Elle regroupe de nombreuses activités, des instruments de musique aux équipements de sonorisation et de production musicale, en passant par les produits audio/vidéo grand public, ou encore la Fondation Yamaha pour la Musique (Yamaha Music School)  qui compte près de 600 000 élèves dans le monde.

En France, l’activité Electronique Grand Public est dirigée depuis trois ans par Christian Crolle, qui a auparavant œuvré durant vingt-deux années pour la division Musique de Yamaha (à doite sur la photo, au côté de Mathieu Roche, Chef de Produit Audio Vidéo).

Tel un Chef d’orchestre, il finalise aujourd’hui la nouvelle politique commerciale de la division EGP. Une stratégie qui prône l’adaptation aux nouvelles tendances et qui met à profit le savoir-faire de la marque dans le domaine professionnel au service du grand public.

 

Propos recueillis par Sandra Nicoletti

 

 

Neomag : Le marché de l’EGP est fortement chahuté depuis plusieurs mois. Qu’en est-il pour le secteur audio/vidéo sur lequel vous évoluez ?

Christian Crolle : Sur un marché du Home Audio en recul de 2,9%, Yamaha a réussi à renforcer ses parts de marché, même si le groupe a subi une légère baisse de son résultat clôturé au 31 mars. Des chiffres qui sont nuancés selon les univers sur lesquels nous évoluons, à savoir le Home-Cinema, la Hi-Fi, les solutions TV (projecteurs de Son et barres de Son) et le multimédia avec les docking stations. Ainsi, concernant la partie Home-Cinema, nous sommes en progression de 4% sur les éléments séparés, mais en repli sur les packs qui subissent le succès des barres de son. Sur ce dernier marché, nous avons d’ailleurs été les premiers à lancer le concept exclusif du Projecteur de Son il y a dix ans de cela, avec le YSP-1. Aujourd’hui, le succès est toujours au rendez-vous et nous enregistrons une progression de 18% sur cette famille, avec de nouveaux modèles qui ont complété la gamme en fin d’année dernière.

Concernant la Hi-Fi, le marché s’est stabilisé après plusieurs années de régression, mais nous sommes en recul de 5% en termes de chiffre d’affaires avec des gammes qui ont plus de deux ans. Yamaha est une marque « A » qui profite d’une bonne réputation auprès du grand public, mais le renouvellement des éléments séparés se fait moins facilement dans le contexte économique que l’on connaît. Nous avons davantage souffert sur les micro et mini chaînes, un segment pour lequel nous avons misé sur la qualité audio et le design, et qui a subi la concurrence avec des quartiles de prix bien inférieurs aux nôtres.

Quant à la partie docking stations, en tant que nouvel acteur sur ce marché, nous n’avons pas la prétention d’aller chercher des parts de marché sur la concurrence. Notre objectif est de proposer des solutions différentes, avec un design novateur, à l’image du Restio, qui rencontre un vrai succès depuis son lancement et qui a récemment évolué dans sa version Bluetooth. Et avec les nouveautés à venir, nous restons très ambitieux pour cette nouvelle année fiscale avec une volonté de croissance sur un marché en décroissance.

 

"Nous restons très ambitieux pour cette nouvelle année fiscale"

 

Neomag : A propos de Bluetooth, on voit émerger de plus en plus d’appareils compatibles, aux côtés des technologies propriétaires comme peuvent l’être l’AirPlay d’Apple. Comment se positionne Yamaha sur le sans-fil ?

Christian Crolle : Notre orientation est simple. Nous devons continuer à concevoir des produits de qualité, adaptés aux besoins du consommateur, en utilisant les technologies d’aujourd’hui. Et le Bluetooth en fait évidemment partie, bien qu’il ne soit pas encore assez performant –au même titre que le Wi-Fi ou les technologies concurrentes- pour offrir la même qualité qu’en filaire. Le streaming est devenu accessible en termes de prix et il est aujourd’hui très facile d’acheter de la musique. Dans ce contexte, il est essentiel de proposer un système cohérent pour accompagner les nouveaux modes de consommation de la musique. Le Bluetooth permet par ailleurs de sortir du carcan imposé par un très grand fabricant à la marque mondialement réputée. Yamaha se tourne donc vers le Bluetooth (APTX) pour toucher un plus large public, mais nous continuons à exploiter notre technologie propriétaire AirWired II (transmission en temps réel), pour nos projecteurs de son haut de gamme.

 

"Le Bluetooth permet de sortir du carcan dans lequel la plupart des fabricants se sont enfermés"

 

Neomag : Qu’allons-nous donc découvrir en termes de nouveautés produits ?

Christian Crolle : Il m’est difficile de tout dévoiler aujourd’hui. Ce que je peux dire c’est que nos gammes vont se renouveler avec toujours plus de technologies et encore plus de simplicité d’utilisation. Nous avons mis à profit notre savoir-faire dans le domaine professionnel pour le transposer à l’univers grand public, avec une qualité audio hors pair. C’est notamment le cas de la série S-3000 dévoilée le 10 avril, qui se compose d’un ampli et d’un lecteur CD haut de gamme. Commercialisé à environ 10.000 euros le couple, cet ensemble illustre tout le savoir-faire de Yamaha en matière d’acoustique et de haute technologie. Développés en quantité limitée, ces éléments s’adressent à un public averti et ne seront distribués que dans quelques magasins capables de proposer une véritable qualité d’écoute et une parfaite maîtrise du son. Le design constitue également un axe majeur de développement. Nous avons d’ailleurs participé à la Biennale de Saint-Etienne avec Yamaha Design Labo, où nous avons présenté les « recettes » du design vues par Yamaha.

 

Neomag : Qualité acoustique, design : vous semblez accorder de gros moyens au développement de vos produits peut-être au détriment de la communication…

Christian Crolle : En effet, nous préférons nous concentrer sur la R&D qui nous semble aujourd’hui plus importante. Près de 7% de notre chiffre d’affaires est ainsi investi en R&D au niveau mondial, ce qui est très important en comparaison avec d’autres sociétés. La qualité de ce que Yamaha fabrique est au cœur de l’activité. Nous raisonnons un peu comme des agriculteurs. Nous ne sortons pas un produit qui va faire le buzz à un moment donné, mais nous travaillons sur le long terme. Nous cultivons toutefois la transmission d’image de marque de l’entreprise, en favorisant de plus en plus la transversalité et en développant des synergies inter-divisions (Musique, Commercial Audio, Audio Vidéo). Nous avons eu tendance à nous hyper-spécialiser dans chacun des domaines sur lesquels nous évoluons. Mais depuis deux ans, nous avons changé pour appréhender de manière plus générale l’intégralité des actions de Yamaha.

 

"Nous cultivons la transmission d’image de marque au sein de l’entreprise"

 

Neomag : Vous avez repris la direction de la Division Electronique Grand Public il y a trois ans. Quels ont été les principaux changements depuis votre arrivée ?

Christian Crolle : Nous avons reconstitué les équipes, notamment l’équipe commerciale dirigée par Gilles Foddé ,  afin de coller aux mutations du marché. Je suis issu du monde de la musique et malgré les synergies que nous développons en interne, nous sommes sur des marchés totalement différents qui demandent des spécialisations en tous points, tant en termes de politique commerciale, que de distribution. Gilles Foddé est épaulé par un spécialiste du marketing et de la production qui pilote également les marchés de l’Europe du Sud, dont la France. Auxquels s’ajoutent 5 attachés commerciaux, 3 assistantes commerciales, 1 responsable Grands Comptes et 1 spécialiste produits qu’est Mathieu Roche. Nous intégrons également un  Service Après Vente complet (Centres Techniques Agréés répartis sur l’ensemble le du territoire) avec un support consommateur et une partie de notre service comptabilité se consacre pleinement à nos clients Audio Vidéo.

 

Neomag : Et au niveau de la distribution ?

Christian Crolle : Nous avons restructuré la politique commerciale pour avoir des réseaux traditionnels qui continuent à investir dans leurs magasins. Nous avons tendance à nous diriger vers des réseaux très centrés sur le professionnalisme avec une distribution sélective sur nos marchés européens. En France, la distribution EGP est complexe, c’est le seul pays en Europe à avoir 3 grands comptes centralisés. On ne peut pas y faire ce que l’on veut en termes de visibilité et d’actions dans les linéaires. Et si nous nous montrons trop versatiles vis-à-vis de la distribution, ou qu’à l’inverse les distributeurs se montrent trop versatiles vis-à-vis des marques, nous irons vers une déstabilisation du consommateur. Tout comme nous fabricants, la distribution cherche de nouveaux business model pour s’en sortir. A nous tous de trouver ensemble le bon équilibre.

 

 

 

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