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Tribune libre

Ne soyons pas primaire !

Entre deux primaires, et alors que les candidatures à l'élection présidentielle de 2017 se dévoilent, quelle place le commerce, qu'il soit physique ou on-line, tient-il dans les projets politiques ? Une trop petite place pour un secteur porteur de l'économie selon Sophie Lubet,  Directrice du Pôle Retail de Comexposium. Voici sa tribune libre, sous forme d'interpellation pour que le commerce redevienne une des priorités des programmes économiques des candidats.

Ces dernières années le commerce, porté par le e-commerce, a connu un développement frénétique et s’affiche aujourd’hui comme un secteur où tout est possible, tant porteur d’emplois que d’innovations françaises. Cependant, il semble ne pas être une priorité pour les politiques. Ceux-ci seraient-ils déconnectés des enjeux de ce nouveau commerce ?

 

Le commerce, un secteur qui créé de la richesse et de l’emploi
Le secteur du commerce et de la distribution est un des premiers employeurs en France (3,4 millions de personnes travaillent dans le secteur du commerce, avec une hausse de 24 500 emplois fin 2015*) et a toujours été créateur d'emplois. Mais derrière ce constat, la structure du secteur a radicalement changé. Les grands groupes diversifient leur offre et multiplient les enseignes, avec un maillage régional en constante augmentation. La transformation digitale implique également la création de nouveaux postes.

S’ajoute à cela, le tournant du e-commerce et l’explosion des ventes par internet qui a plus que jamais accéléré le phénomène. Conséquence sur l’emploi, les plateformes logistiques se sont démultipliées avec une évolution en termes de métiers (du fournisseur à la vente aux clients...). De grands noms du commerce en ligne se sont implantés en France, et ont ouverts des entrepôts...
Ainsi Amazon a annoncé en 2016 ouvrir 6 500 postes. Carrefour, dans le cadre de son développement digital a créé 350 nouveaux postes. Vente-privée, The Other Store, Cdiscount, Voyages-sncf.com ne sont pas en reste...

L’esprit Start-up répandu aussi en France

La hausse de l’emploi est naturellement liée à la réhabilitation de l’entrepreneuriat dans ce secteur... Les start-up françaises ont levé 221 millions d'euros en octobre 2016, après plus de 288 millions en septembre. Et le Retail arrive en tête avec 17 opérations et un montant total de 50 millions d'euros levés**. Plus que jamais, la France crée et innove. Nous avons des cas d’entreprises françaises exemplaires, des stratégies et concepts innovants en matière de Bricks & Clicks ou Bricks and Mortar, qui font la France et le commerce d’aujourd’hui et de demain. Devenues moteurs, ces start-up se développent et sont l'un des promoteurs de l'innovation et de la digitalisation du secteur.

Pour exemple, l’ex licorne française Criteo, poursuit sa conquête avec plus d’un milliard d’euros de chiffres d’affaires. Le groupe continue d’investir dans la technologie et à recruter avec plus de 500 postes créés en un an. La société brille également à l’international : après les Amériques, Criteo poursuit avec l’Asie Pacifique. À l'instar de Criteo, BlaBlaCar, est l’illustration même d'une French Tech téméraire et audacieuse. Showroomprivé, qui vient de fêter ses un an de cotation, illustre également la réussite à la française.

La politique d’innovation portée par Axelle Lemaire, secrétaire d'Etat chargée du Numérique et de l'innovation, a permis à cette innovation française de s’exporter et rayonner à l’international. En termes d’initiatives, saluons à ce sujet, la récente contribution de la Commission européenne qui injecte 400 millions d’euros dans un programme de fonds à destination des start-up. Espérons que cet investissement permettra de conserver nos pépites européennes.

Le commerce européen menacé par l’Europe ?

Alors que le sujet Brexit et commerce était à l’ordre du jour du dernier sommet européen à Bruxelles, le sujet des exportations commerciales restent un sujet fragile. Prenant en compte que 18 % de la totalité des exportations e commerce de l'UE ciblent le Royaume-Uni***, de nouveaux accords devront être conclus pour que le Royaume-Uni continue de compter sur la scène commerciale internationale. Les négociations vont bon train, mais soyons réalistes sur les conséquences. En découleront des coûts et taxes divers, qui pourraient engendrer des incidences pour les acteurs du e-commerce et leur compétitivité.
Au vu de l’ébullition du secteur en matière de création d’emploi et de dynamisme inhérent aux start-up, les futurs candidats à la présidentielle, au-delà des primaires, ne devraient-ils pas s’y intéresser davantage ?

 

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