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Décryptage

Pourquoi Amazon affole la Mairie de Paris ?

Avec Prime Now, Amazon va livrer sur Paris et sa petite couronne en une heure moyennant 5,90 euros ou en deux heures gratuitement. On savait que la livraison était essentielle pour fidéliser la clientèle, mais pas que ses offres pourraient faire réagir l’une des plus grandes mairies d’Europe.  Avec une question posée : Amazon peut-il détruire le commerce de proximité ?

Airb’nb, Uber, Amazon, lorsque ces sociétés lancent un nouveau service, la vieille économie et ses défenseurs érigent de multiples barrières, invoquant le droit à l’auto-défense. Amusant aussi de savoir que lorsque c’est une enseigne plus traditionnelle qui fait ce type d’annonces, et il y en a beaucoup sur la rapidité de livraison, personne ne s’émeut.

Mais revenons à Amazon et à Prime Now. Le concept est simplissime ; je suis chez moi à 18 heures, je dois préparer un dîner à 20h, je veux donc mes courses d’ici une heure. Et en payant 5,90 euros, je les ai grâce à Amazon. Ou alors, mon TV tombe en panne, le match est dans deux heures, je suis livré gratuitement en 120 minutes. Voici pour le descriptif du service. Mais en quoi cela va-t-il menacer le commerce parisien (puisque seule la capitale est concernée, ainsi que les communes limitrophes) ?

 

La ville n’a pas été prévenue…

Dans un communiqué, la Maire de Paris commence fort : « …Alors que cette opération est susceptible de déstabiliser gravement les équilibres commerciaux parisiens, cette grande entreprise américaine n’a jugé bon de solliciter la Ville de Paris que quelques jours avant son lancement. »

A en juger par le ton, Amazon aurait essuyé un refus si il avait demandé son avis à la municipalité. Le tout pour un service qui n’est pas, à notre connaissance, illégal. Jusqu’à aujourd’hui, car la mairie déclare envisager de demander à l’assemblée de légiférer si nécessaire : « La Ville de Paris suivra donc avec attention le respect par Amazon de ce qui relève de sa responsabilité sociale d'entreprise en matière de ville durable. Elle portera aussi auprès du législateur la nécessité de définir, par la loi, des garde-fous en mesure d’éviter que de tels services ne viennent à constituer une concurrence déloyale à l’égard des commerçants et des artisans. »

Et pour éviter cela, Amazon doit satisfaire à deux exigences : «  Apporter des garanties sur les modes de livraison qui vont se déployer dans le cadre de ce nouveau service. Garantir que son approche respecte pleinement le commerce de proximité parisien et tienne compte de la nécessité absolue de préservera sa diversité. »

Deux belles phrases qui brillent par leur imprécision et qui semblent davantage correspondre à une posture, visant sans doute à satisfaire les associations de commerçants.

Des commerçants qui eux n’attendent pas les lois et qui ont rejoint il y a quelques mois déjà le service myWITS. Celui-ci livre en 1h30 et pour 6 euros 60, mais si c’est pour aider le commerce de proximité, les parisiens feront bien l’effort…

 

 

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