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Décryptage

FagorBrandt : tristes reprises mais un espoir conservé

Ils sont quatre à avoir déposé ce mercredi 22 janvier 2014  une offre de reprise pour FagorBrandt . Dont une jugée comme étant la plus complète, reprenant 4 sites sur 6 et conservant  1 200 employés sur 1 800. Elle provient sans surprise du groupe algérien Cevital. La prochaine audience du tribunal de commerce aura lieu le 13 février. D’ici là, Arnaud Montebourg veut plus d’emplois sauvegardés, et les syndicats, une union entre Cevital et un autre des 4 candidats à la reprise pour sauver l’ensemble des sites. Mais force est de constater l’absence de grands noms de l’électroménager pour la reprise, et d’une manière générale, la distance d'une profession, pour l'heure assez dubitative.

Philippe Michel

Quelle différence !! Entre la gestion de Loewe, qui a régulièrement communiqué sur sa stratégie et via sa direction, et qui vient d’être reprise par un groupe d’investisseurs nationaux, et FagorBrandt, qui a laissé au fil des mois la communication aux seuls salariés et syndicats, ne proposant aucune réelle stratégie de sortie. C’est même Arnaud Montebourg qui s’est autoproclamé ambassadeur des produits du groupe, et banquier aussi. 

Quelle différence pour la distribution, qui du côté de Loewe peut rassurer de nouveau les consommateurs sur la pérennité de l’entreprise. Et qui peine à soutenir FagorBrandt, dont on ne sait même pas ce que deviendront les marques existantes, détenues par une filiale irlandaise de Fagor. Et c’est là L’une des raisons qui a fait reculer certains grands groupes, échaudés par l’opacité de la structure de la coopérative basque. C’est ce que démontre très bien notre confrère Adrien Cahuzac dans un artcile de l’Usine Nouvelle intitulé « Pourquoi Fagorbrandt n’a pas séduit les grands groupes d’électroménager ». . Trop opaque, trop peu d’investissements dans certaines usines, et une coopérative mère, Mondragon, actuellement dans la tempête en Espagne. Son Président Txema Gisasola a ainsi présenté sa démission le 17 janvier pour raisons personnelles.

Qui sont les 4 repreneurs et quelle est leur offre ?

Le favori et depuis plusieurs jours s’appelle Cevital, groupe algérien  qui emploie près de 13.000 salariés, et est actif dans  l’industrie, l agro-alimentaire et l’ électroménager. Selon la CGT et la CFE-CGC, il propose de reprendre quatre des six sites du groupe : les usines d'Orléans (Loiret) et Vendôme (Loir-et-Cher), le siège de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) et les services après-vente situés dans le Val-d'Oise.

Puis vient Sun Capital, fonds américain dont l'offre porte sur 700 à 1.000 emplois. Seraient conservés l'usine d'Orléans, le siège social et les services après-vente. Elle est peu prisée par les syndicats, et c’est peu dire.

Selni, une ancienne filiale du groupe FagorBrandt basée à Nevers et qui fabrique des moteurs de lave-linge, , veut  garder 240 salariés (sur 339) à La Roche-sur-Yon (Vendée).

La 4ème et dernière offre provient  de l'entreprise de plasturgie Variance Technologie, et porte sur 207 salariés des usines de La Roche-sur-Yon et Aizenay (sur 440 pour les deux usines).

Dans un communiqué, le  Ministre Arnaud Montebourg  précise que « l’offre actuellement la mieux-disante socialement et industriellement, portée par CEVITAL, qui propose de conserver 1200 salariés sur plusieurs sites, devrait pouvoir être améliorée d’ici à l’audience du tribunal de commerce prévue le 13 février. » Le gouvernement s’est également proposé pour résoudre les problèmes de droits sur les marques du groupe

Les syndicats optimistes

La  direction de FagorBrandt déclare que « le projet le plus large vise à construire un acteur régional de l’électroménager Europe/Afrique du Nord/Moyen-Orient), en combinant le savoir-faire et l'expertise de FagorBrandt à celui de sa filiale électroménager existante". Voilà une stratégie claire et ambitieuse sur laquelle nous reviendrons si un jour elle est détaillée.  En attendant, il s’agit de se concentrer sur le concret et l’existant, à travers les analyses conjointes des syndicats.

Et ces derniers se montrent assez optimistes. Et rêvent même de l’union entre un repreneur global, Cevital, et un repreneur partiel. "Une complémentarité entre Cevital et Selni nous paraît possible", déclare à l’AFP Christian Legay, délégué CFE-CGC (deuxième syndicat), potentiellement on pourrait espérer sauver 1.400-1.500 postes ». Rassemble ces offres permettrait d’éviter une catastrophe commente Nathalie Pillet, de la CFTC. Quant à Philippe Breger, secrétaire du CCE (CGT), il pense que les offres doivent être, et seront améliorées d’ici février.

Il faudra cependant ne pas être trop difficile dans les négociations, ni trop lent, car pendant que les offres et les bilans s’opposent, les produits disparaissent des linéaires. Et si la reprise industrielle se fait, commencera alors une autre bataille, décisive : celle de la reconquête des consommateurs, et de la distribution…

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