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Conjoncture

Hugues Mulliez veut revendre Surcouf

Depuis la reprise de Surcouf au groupe PPR, Hugues Mulliez n’a jamais réussi à imposer le concept qui consistait à vendre les produits en magasin à un prix internet. Les pertes importantes, une trésorerie exsangue et le manque d’approvisionnements ont conduit à une procédure de cession totale. Celle-ci a été validée la semaine dernière par le tribunal de commerce et les repreneurs ont jusqu’au 5 juillet pour déposer leur offre. Un délai très court.. trop court ?
Par Philippe Michel


Décidément, la distribution informatique est en plein bouleversement. Avec la cessation de paiement d’ebizcuss (qui gère ICLG) pour les échecs et la volonté du pure player LDLC d’ouvrir 40 magasins en Franchise d’ici 2013 pour la réussite, les cartes se redistribuent à une vitesse grand V, accélérée par la crise.
Mais revenons à Surcouf. Tout d’abord il s’agit ici d’un des premiers échecs d’un membre de la dynastie Mulliez dans l’univers de la distribution. Un échec que nous avions envisagé dès 2009 en écrivant dans nos colonnes : « Mais comment redresser une société qui a perdu l’an dernier près de 10 millions d’euros et accuse une baisse régulière de son CA ? L’exemple de la disparition de PC City  ne démontre-t-il pas qu’une distribution physique dans ce secteur fortement concurrencé par Internet n’est pas viable ? » Le redressement économique n’a pas eu lieu et s’est transformé en redressement judiciaire il y a plus de trois mois.

Les magasins n’ont pu être vendus
Dans un communiqué, l’enseigne a expliqué que  "la dégradation du chiffre d'affaires, [affectant] directement la trésorerie, additionnée à la non-réalisation des cessions partielles, nécessite de mettre en place une procédure de cession totale de l'entreprise, validée par le tribunal de commerce ce mercredi.
Les cessions partielles évoquées concernaient la mise en vente des trois magasins Surcouf ( Paris, Bordeaux et Lille). Mais "malgré de nombreux contacts et échanges avec de potentiels repreneurs, le délai court imparti et la complexité des cessions de baux n'ont pas permis de répondre à nos attentes notamment en terme de préservation d'emplois", justifie Hugues Mulliez.
Du côté des syndicats, qui ont toujours émis des réserves quant à la stratégie du groupe, « On attend un repreneur qui ait des idées, de l'argent et un management efficace pour faire durer Surcouf" comme le souhaite  Olivier Chagnoux, représentant CFE-CGC et secrétaire du comité d'entreprise.
Une idée partagée par Hugues Mulliez qui affirme que «  le concept Surcouf a sa place dans le marché de la distribution de produits technologiques ».
Ce souhait devra se réaliser avant le  5 juillet, date limite pour que les repreneurs éventuels puissent déposer leurs offres. Mais il semble aujourd’hui que le marché cherche davantage à vendre qu’à acheter, et que le concept même de Surcouf, révolutionnaire à une époque, soit devenu obsolète entretemps.

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